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Deux chiffres d’inflation pour un seul pays, et ce qui les sépare vraiment

La France publie deux mesures officielles de la hausse des prix. L’une s’appelle indice des prix à la consommation, l’autre indice des prix à la consommation harmonisé. Elles viennent du même institut, sortent le même jour, portent le même intitulé « Ensemble des ménages — France — Coicop 00 — Ensemble », et elles ne donnent pas le même chiffre. Cette page ne raconte pas la différence : elle la mesure sur la totalité des mois où les deux séries existent, publie l’écart moyen, l’écart maximum, le nombre de mois où les deux coïncident au dixième près, et le nombre de mois où l’une franchit un seuil que l’autre ne franchit pas.

Où cela s’applique, jusqu’à quand, et ce que cette page n’est pas

Où. La France entière, telle que l’Insee la définit dans le champ REF_AREA de ses séries. Toutes les valeurs citées sont des publications de l’Institut national de la statistique et des études économiques. Rien ici ne décrit l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne ni la zone euro dans son ensemble : ces séries-là n’ont pas été ouvertes pour cette page.

Jusqu’à quand. Toutes les séries ont été téléchargées le 13 août 2026. La dernière observation disponible ce jour-là est juillet 2026 pour les deux indices, et juin 2026 pour la série de glissement annuel de l’IPCH. Le chiffre de juillet 2026 porte l’attribut de donnée provisoire : il peut changer. Les valeurs de 2009 ne changeront plus.

Ce que cette page n’est pas. Aucune prévision d’inflation, aucun conseil de placement, aucune recommandation. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal, ne détient aucune position et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Avertissement : Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte des risques, y compris la perte possible du capital investi. Consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d'investissement. Avertissement sur les risques.

L’écart, mesuré sur les 354 mois communs

Les deux séries de glissement annuel publiées par l’Insee couvrent, en base 2025, la période de janvier 1997 à juillet 2026 pour l’IPC et de janvier 1997 à juin 2026 pour l’IPCH. L’intersection des deux compte 354 mois, et c’est sur ces 354 mois — tous, sans sélection — que les calculs ci-dessous sont faits.

Ce dernier point mérite d’être écrit noir sur blanc, parce qu’il ferme une porte : en France, sur 1997-2026, on ne peut pas construire une phrase du type « les prix baissent » qui soit vraie avec un indice et fausse avec l’autre. C’est une propriété mesurée sur cette population précise, et elle ne se transporte pas ailleurs — d’autres pays publient des couples d’indices dont les signes ont divergé, et cette page n’en a calculé aucun.

Les huit mois où l’écart est le plus grand

MoisIPCIPCHÉcart, en points
novembre 20226,1 %7,1 %1,00
janvier 20236,0 %7,0 %1,00
février 20236,3 %7,3 %1,00
mars 20235,7 %6,7 %1,00
avril 20235,9 %6,9 %1,00
octobre 20226,2 %7,1 %0,90
décembre 20225,8 %6,7 %0,90
mai 20235,1 %6,0 %0,90

Une régularité saute aux yeux dans cette table et se vérifie sur l’ensemble des 354 mois : quand l’écart est grand, c’est presque toujours l’IPCH qui est au-dessus. Sur les huit lignes ci-dessus, l’IPCH dépasse l’IPC huit fois sur huit. Autrement dit, pendant l’épisode de hausse des prix de 2022-2023, un lecteur qui citait l’indice harmonisé annonçait systématiquement une inflation plus forte qu’un lecteur qui citait l’indice national — jusqu’à un point entier, ce qui n’est pas rien quand le chiffre lui-même tourne autour de six.

Le seuil de 2 %, franchi par un seul des deux

L’écart moyen de 0,195 point pourrait faire conclure que la distinction est un détail de statisticien. Un second comptage montre le contraire, et il est plus parlant que la moyenne. Beaucoup de phrases publiques sur l’inflation ne portent pas sur un chiffre mais sur un seuil : « l’inflation est revenue à 2 % », « l’inflation reste sous les 2 % ». Ces phrases sont binaires, et une différence de deux dixièmes suffit à les retourner.

Le décompte sur toute la population : dans 25 mois sur 354, l’un des deux indices atteint ou dépasse 2,0 % pendant que l’autre reste strictement en dessous. Soit un mois sur quatorze. Dans 24 de ces 25 mois c’est l’IPCH qui est au-dessus du seuil et l’IPC en dessous ; l’exception est janvier 2003, où l’IPC affiche 2,0 % et l’IPCH 1,9 %.

MoisIPCIPCH
octobre 20001,9 %2,1 %
avril 20061,7 %2,0 %
janvier 20111,7 %2,0 %
juillet 20121,9 %2,2 %
août 20211,9 %2,4 %
août 20241,8 %2,2 %
mars 20261,7 %2,0 %
juin 20261,8 %2,0 %

Huit lignes tirées des 25, dont la plus récente est juin 2026 : 1,8 % pour l’indice national, 2,0 % pour l’indice harmonisé. Le même mois, le même pays, le même institut, et deux réponses opposées à la question « l’inflation est-elle à 2 % ? ». Il n’y a rien d’anormal là-dedans : les deux indices mesurent des choses légèrement différentes et le disent dans leur nom. L’anomalie serait de citer l’un des deux sans dire lequel.

Le piège du changement de base

Il existe un second problème, indépendant du premier, et bien plus dangereux parce qu’il ne produit aucun message d’erreur. Les séries d’indices de prix ne sont pas éternelles : l’Insee les rebase périodiquement, et quand il rebase, il ne prolonge pas l’ancienne série — il en ouvre une nouvelle et marque l’ancienne comme série arrêtée.

Concrètement, au 13 août 2026, une requête sur les identifiants de la base 2015 répond normalement, renvoie un fichier bien formé, sans avertissement, et s’arrête en décembre 2025. Sept mois d’inflation manquent, et rien ne le signale sauf la date de la dernière ligne.

SérieIdentifiantObservationsPériode couverteDernière mise à jour
IPC base 2015001759970432janvier 1990 → décembre 202515 janvier 2026
IPCH base 2015001759971360janvier 1996 → décembre 202515 janvier 2026
IPC base 2025011814630367janvier 1996 → juillet 202631 juillet 2026
IPCH base 2025011812231367janvier 1996 → juillet 202631 juillet 2026

Deux détails de cette table valent plus que le reste. Le premier : les deux séries en base 2015 ont la même date de dernière mise à jour, le 15 janvier 2026, et portent toutes deux l’attribut de série arrêtée. Le second : la base 2015 de l’IPC remontait à janvier 1990, la base 2025 ne commence qu’en janvier 1996. Le rebasage a coûté six années d’historique à qui interroge la série courante — 72 mois qui existent toujours, mais dans un fichier qui ne bouge plus.

C’est la forme la plus insidieuse d’erreur de source : elle n’échoue pas, elle vieillit. Un tableau de bord construit en 2024 sur les identifiants de la base 2015 continue de fonctionner en 2026, continue d’afficher un chiffre, et affiche décembre 2025 en croyant afficher aujourd’hui. La seule protection est mécanique : regarder la date de la dernière observation, jamais la première ligne de la réponse.

Une anomalie relevée le jour de l’écriture

Au 13 août 2026, l’Insee publie l’indice harmonisé de juillet 2026 — la série 011812231 s’arrête à 102,99, avec une dernière mise à jour au 31 juillet 2026 — mais la série de glissement annuel correspondante, la 011812232, s’arrête à juin 2026 et porte une dernière mise à jour au 10 juillet 2026. Le taux de juillet n’est donc pas publié alors que l’indice dont il se déduit l’est.

Le rapport de l’indice de juillet 2026 à celui de juillet 2025 donne +2,36 %. Ce chiffre n’apparaît pas dans cette page comme une donnée de l’Insee, parce qu’il n’en est pas une : c’est une division faite ici, à partir de deux nombres publiés. La distinction n’est pas de la pédanterie. Le glissement annuel publié par l’institut passe par des arrondis et des conventions internes qui lui appartiennent, et le vérifier sur les deux mois de juin donne d’ailleurs 2,02 % par le calcul contre 2,0 % publié. Un calcul reconstitué n’est pas une publication, et il ne doit jamais être cité comme telle.

Le contrôle croisé existe pourtant, et il tombe juste. Eurostat publie l’indice harmonisé français dans son jeu de données à jour, et donne pour juillet 2026 un taux annuel de 2,4 %, mis à jour le 31 juillet 2026 — exactement l’arrondi de la division faite ici. Deux institutions, deux voies de publication, un seul indice : la valeur existe et elle est publique, simplement pas encore dans la série de taux de l’Insee. Cela ne change rien à la règle appliquée sur cette page : le chiffre reconstitué reste présenté comme un calcul, et le chiffre publié comme une publication d’Eurostat.

Une seconde source répond, elle, avec un mois de retard bien plus grand. La série d’inflation de la zone euro du portail de données de la Banque centrale européenne s’arrête à décembre 2025 au 13 août 2026 : 348 observations, la dernière à 1,9 %. Elle répond sans erreur. Le même agrégat, chez Eurostat, est à jour à juillet 2026. Deux portails officiels, deux états de fraîcheur, et aucun message pour prévenir.

Ce que les deux séries disent de la période 1997-2026

Puisque les fichiers sont ouverts, autant les lire jusqu’au bout. Sur les 355 glissements annuels de l’IPC de janvier 1997 à juillet 2026, le minimum est de −0,7 % en juillet 2009 et le maximum de +6,3 % en février 2023. Douze mois seulement affichent une valeur négative, et six autres affichent exactement zéro. Autrement dit, en presque trente ans, les prix français ont baissé sur un an dans 3,4 % des mois observés.

Les douze mois négatifs ne sont pas dispersés au hasard : ils forment trois blocs. Six mois consécutifs de mai à octobre 2009, trois mois de janvier à mars 2015, trois mois entre février et avril 2016. Un lecteur qui voudrait savoir à quoi ressemble une baisse des prix en France a exactement trois épisodes à examiner, et aucun ne dépasse sept dixièmes de point.

L’autre bout de la distribution est plus instructif encore pour qui a vécu 2022 et 2023. Le maximum de 6,3 % de février 2023, sur l’indice national, est le plus haut glissement annuel de toute la série disponible depuis 1997. C’est un fait borné par la période : la série en base 2025 ne remonte pas plus haut, et l’inflation française des années 1970 et 1980, qui a été bien supérieure, ne peut pas être lue dans ce fichier. Elle existe dans d’autres séries de l’Insee, que cette page n’a pas ouvertes.

Ce que ces sources ne disent pas

Comment refaire ces calculs vous-même

  1. Interrogez la banque de données macro-économiques de l’Insee sur l’identifiant 011814632, le glissement annuel de l’IPC en base 2025. Vous devez obtenir 355 observations, de janvier 1997 à juillet 2026.
  2. Faites la même chose avec l’identifiant 011812232 pour l’IPCH. Vous devez obtenir 354 observations, la dernière étant juin 2026 : la différence d’une ligne est l’anomalie décrite plus haut.
  3. Alignez les deux sur les mois communs, prenez la valeur absolue de la différence, et faites la moyenne. Vous devez trouver 0,195 point, et un maximum de 1,00 en novembre 2022.
  4. Comptez les mois où exactement un des deux atteint 2,0 %. Vous devez en trouver 25, dont un seul — janvier 2003 — où c’est l’IPC qui est au-dessus.
  5. Interrogez maintenant l’identifiant 001759970, l’IPC en base 2015. La réponse arrive sans erreur et s’arrête en décembre 2025 : c’est la série arrêtée.
  6. Divisez l’indice harmonisé de juillet 2026 par celui de juillet 2025. Vous obtiendrez 2,36 %, un chiffre que l’Insee ne publie pas encore sous forme de taux.

Questions fréquentes

Quelle est la différence chiffrée entre l’IPC et l’IPCH en France ?

Sur les 354 mois où les deux séries de glissement annuel de l’Insee existent toutes les deux — de janvier 1997 à juin 2026 — l’écart moyen en valeur absolue est de 0,195 point de pourcentage et l’écart maximum de 1,00 point. Ce maximum est atteint cinq fois : novembre 2022 (6,1 contre 7,1) puis janvier, février, mars et avril 2023. Les deux indices donnent exactement le même chiffre au dixième près dans 51 de ces 354 mois.

Les deux indices peuvent-ils donner des signes opposés ?

Pas sur cette période. Sur les 354 mois communs, il n’existe aucun mois où l’un est positif et l’autre négatif. C’est un résultat mesuré, pas une propriété garantie : il vaut pour la France sur 1997-2026 et pour aucun autre pays ni aucune autre période, puisque rien d’autre n’a été calculé ici.

Alors la distinction est-elle sans conséquence ?

Non, et le comptage le montre autrement. Dans 25 des 354 mois, l’un des deux indices atteint ou dépasse 2,0 % pendant que l’autre reste en dessous. Une phrase comme « l’inflation a atteint 2 % » est donc vraie ou fausse selon l’indice choisi dans un mois sur quatorze. Le dernier cas en date est juin 2026 : 1,8 % pour l’IPC, 2,0 % pour l’IPCH.

Pourquoi la série que j’interroge s’arrête-t-elle en décembre 2025 ?

Parce que l’Insee a changé de base. Les séries en base 2015 portent l’attribut SERIE_ARRETEE et leur dernière observation est datée de décembre 2025, avec une dernière mise à jour au 15 janvier 2026. Elles répondent toujours, sans message d’erreur. Les séries vivantes sont en base 2025 : identifiants 011814630 pour l’IPC et 011812231 pour l’IPCH, dernière observation juillet 2026 au 13 août 2026.

Quel est le niveau de l’inflation en France à la date de cette page ?

Le dernier glissement annuel publié par l’Insee pour l’IPC est de 2,1 % en juillet 2026, et il porte l’attribut de donnée provisoire. Pour l’IPCH, la série de glissement annuel s’arrête en juin 2026 à 2,0 % ; le rapport des indices de juillet 2026 et juillet 2025 de la même source donne 2,36 %, mais ce chiffre est un calcul fait ici, pas une publication de l’Insee.

Combien de fois l’inflation française a-t-elle été négative ?

Sur les 355 glissements annuels de l’IPC publiés de janvier 1997 à juillet 2026, douze sont négatifs : six mois consécutifs de mai à octobre 2009, trois de janvier à mars 2015, et trois entre février et avril 2016. Le minimum de la série est −0,7 % en juillet 2009 et le maximum +6,3 % en février 2023.

Cette page dit-elle où ira l’inflation ?

Non. Aucune des sources ouvertes ici ne contient de projection, et aucune phrase de cette page n’en construit une. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Où aller ensuite

Sources ouvertes pour cette page

Les quatre séries ci-dessous ont été téléchargées le 13 août 2026 et tous les comptages ont été refaits le même jour, sur la totalité des observations et jamais sur un extrait.

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