L’indicateur que tout le monde cite est derrière une porte fermée — et il existe mieux, gratuitement
Cette page devait publier la valeur du PMI français et expliquer son seuil de 50. Elle ne le fait pas, et la raison est la première information qu’elle a à donner : les deux producteurs de cet indicateur ont été interrogés le 13 août 2026 et aucun n’a livré de chiffre. Ce qui suit est donc la démonstration qu’une source fermée ne se remplace pas par un intermédiaire, et la présentation de ce que l’Insee publie à la place : quatre enquêtes sectorielles gratuites, dont l’une remonte à avril 1975, soit plus de vingt ans avant le premier PMI français.
Où cela s’applique, jusqu’à quand, et ce que cette page n’est pas
Où. La France métropolitaine, champ des enquêtes de conjoncture de l’Insee employées ici. Les deux tentatives d’accès concernent une source britannique et une source américaine, et elles sont rapportées comme des constats d’accès, pas comme des données.
Jusqu’à quand. Sources interrogées le 13 août 2026. Dernier mois d’enquête : juillet 2026. Mises à jour déclarées : 23 juillet 2026 pour trois enquêtes, 31 juillet 2026 pour celle du bâtiment.
Ce que cette page n’est pas. Aucune valeur de PMI, aucune prévision, aucune conversion entre échelles, aucun conseil. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.
Deux portes, deux échecs différents
Les deux tentatives ont échoué de deux manières qu’il faut distinguer, parce que la seconde est bien plus dangereuse que la première.
- S&P Global — code HTTP 403. La page des communiqués refuse l’accès. C’est un échec franc : on sait qu’on n’a rien lu.
- ISM — code HTTP 200, et rien dedans. La page du rapport mensuel répond normalement et renvoie 88 352 caractères. Après retrait des scripts et des balises, il ne reste que des menus de navigation, des liens vers des formulaires d’adhésion et aucune valeur d’indice. Une réponse valide, une page réelle, et pas une donnée.
Le second cas est le plus instructif. Un script qui vérifie le code de retour aurait conclu que la source fonctionne. Un rédacteur pressé aurait pu croire l’avoir consultée. La seule vérification qui tient est de chercher le nombre dans le texte, et de constater qu’il n’y est pas.
Ce que ces deux échecs interdisent est simple : aucune valeur de PMI ne peut figurer sur cette page. Il aurait été facile d’en reprendre une dans un article de presse ou chez un agrégateur de données. Un nombre de seconde main, sur un site qui promet de ne publier que ce qu’il a lu à la source, coûte plus cher que le trou qu’il comble.
Ce que l’enquête de conjoncture publique donne, et depuis quand
L’Insee mène chaque mois des enquêtes auprès des entreprises et en tire un indicateur synthétique par secteur. Ces séries sont gratuites, sans inscription, et nettement plus longues que celles du PMI français.
| Secteur | Observations | Première | Juillet 2026 | Identifiant |
|---|---|---|---|---|
| Industrie manufacturière | 604 | avril 1976 | 101,3 | 001585934 |
| Bâtiment | 616 | avril 1975 | 95,3 | 001586890 |
| Services | 451 | janvier 1989 | 98,3 | 001587025 |
| Commerce de détail et automobile | 427 | janvier 1991 | 98,6 | 001580428 |
| Tous secteurs | 595 | janvier 1977 | 97,2 | 001565530 |
L’enquête du bâtiment compte 616 observations et commence en avril 1975 : c’est la plus longue des cinq. Celle de l’industrie manufacturière en compte 604 depuis avril 1976. À l’échelle d’une série statistique, cinquante ans d’historique gratuit valent plus qu’un indicateur privé de trente ans qu’on ne peut pas ouvrir.
En juillet 2026, l’écart entre le secteur le mieux orienté et le moins bien orienté des cinq est de 6,0 points : 101,3 pour l’industrie manufacturière contre 95,3 pour le bâtiment. Un seul chiffre national — 97,2 tous secteurs — recouvre donc des situations sectorielles qui diffèrent de six points d’indice.
Sept sous-secteurs, onze points d’écart
Les enquêtes descendent plus bas que le grand secteur. Voici sept sous-secteurs en juillet 2026, du plus haut au plus bas.
| Sous-secteur | Juillet 2026 |
|---|---|
| Fabrication d’équipements électriques | 106,4 |
| Commerce spécialisé | 101,7 |
| Hébergement et restauration | 100,2 |
| Transports et entreposage | 99,4 |
| Fabrication de denrées alimentaires | 98,8 |
| Information et communication | 95,4 |
| Commerce et réparation d’automobiles | 94,8 |
11,6 points séparent la fabrication d’équipements électriques, à 106,4, du commerce et de la réparation d’automobiles, à 94,8. C’est près du double de l’écart entre les grands secteurs, et cinq fois l’écart entre la moyenne tous secteurs et sa norme de 100. Plus on descend dans le détail, plus la moyenne nationale perd de son pouvoir descriptif.
Cent n’est pas cinquante
Un avertissement de lecture s’impose, et il vaut pour toute comparaison entre ces deux familles d’indicateurs. Les indicateurs de l’Insee sont normalisés : leur valeur 100 correspond à la moyenne de longue période de la série. Le PMI est un indice de diffusion construit sur la proportion de réponses positives, dont le seuil conventionnel est 50.
Les deux nombres ne se convertissent pas l’un dans l’autre, et une phrase comme « l’indicateur français est au-dessus du seuil » n’a de sens que si l’on dit de quel seuil il s’agit. Sur les 595 mois de l’indicateur tous secteurs, 279 sont sous 100, soit 46,9 % : passer sous la norme n’est pas un événement, c’est la moitié de l’histoire de la série.
Enfin, sur ce que ces enquêtes savent faire : le test publié dans la guide consacrée aux indicateurs avancés donne une corrélation de 0,713 entre la variation trimestrielle de l’indicateur tous secteurs et la croissance du PIB du même trimestre, et −0,216 pour le trimestre suivant. Leur intérêt est donc la fraîcheur — l’enquête de juillet est parue le 23 juillet — et non l’anticipation.
Ce que ces enquêtes ont enregistré en avril 2020
Une enquête d’opinion vaut aussi par sa capacité à enregistrer un choc au moment où il se produit, et avril 2020 en fournit la mesure la plus nette de toute l’histoire de ces séries. L’indicateur tous secteurs y touche son minimum absolu sur 595 mois : 45,7. L’indicateur du climat de l’emploi, sur 427 mois, touche le sien à 40,8.
Au niveau sectoriel, l’écart est encore plus parlant : ce même mois, les services tombent à 36,5 pendant que le bâtiment reste à 80,9. Quarante-quatre points séparent les deux secteurs. Aucune valeur nationale unique, quelle que soit sa construction, ne pouvait rendre compte d’un tel éclatement.
Ces valeurs ont été publiées à la fin du mois d’avril 2020, c’est-à-dire avant que le moindre chiffre de comptabilité nationale portant sur ce trimestre n’existe : le PIB du deuxième trimestre 2020 n’a été publié qu’à la fin de juillet. C’est l’argument le plus solide en faveur de ces enquêtes, et il ne concerne ni la prévision ni la précision, mais uniquement le délai.
Un indicateur national suffit-il ? Le comptage dit non
Une dernière mesure justifie de préférer quatre enquêtes sectorielles à un indicateur unique. En comparant mois par mois l’indicateur de l’industrie manufacturière et celui des services, sur les 451 mois où les deux existent, l’écart entre les deux dépasse cinq points d’indice dans 134 mois, soit 29,7 % du total.
Près d’un mois sur trois, donc, deux grands secteurs de la même économie sont distants de plus de cinq points — l’équivalent d’un tiers de l’amplitude qui sépare le pire mois de la série tous secteurs, 45,7, de sa moyenne de 100. Une valeur nationale unique moyenne ces situations sans dire qu’elle les moyenne.
Ce constat vaut aussi comme critique des indicateurs composites en général, y compris de ceux qui n’ont pas pu être lus ici : plus un indice agrège, plus il perd la seule information que ces enquêtes possèdent en propre, à savoir que les secteurs ne vivent pas la même conjoncture au même moment.
Le prix de la gratuité : ce qu’on perd, ce qu’on gagne
Remplacer une source privée par une source publique n’est pas neutre, et il faut le dire dans les deux sens. Ce qu’on perd est réel : la comparabilité internationale. Un indice construit selon la même méthode dans quarante pays permet de mettre la France en regard de l’Allemagne ou du Japon ; les enquêtes de l’Insee ne le permettent pas, puisqu’elles sont normalisées sur leur propre moyenne de longue période, laquelle est française.
Ce qu’on gagne est également réel, et plus rarement énoncé. Les cinq séries employées ici totalisent 2 693 observations mensuelles, toutes téléchargeables sans inscription, sans clé d’accès et sans restriction de reproduction. Chacune porte sa date de mise à jour, son identifiant et son champ géographique. Un lecteur peut refaire n’importe lequel des calculs de cette page en une demi-heure — ce qui est précisément impossible avec une source qui répond 403.
L’arbitrage est donc clair : une comparaison internationale invérifiable contre une série nationale vérifiable. Ce site choisit la seconde à chaque fois, et écrit ce que ce choix lui interdit.
Ce que ces sources ne disent pas
- Aucune valeur de PMI n’a pu être lue, ni pour la France, ni pour la zone euro, ni pour les États-Unis. Cette page n’en contient donc aucune.
- Les enquêtes de l’Insee ne se convertissent pas en PMI. Aucune correspondance entre les deux échelles n’est publiée par l’un ou l’autre producteur, et aucune n’est construite ici.
- Elles ne disent pas ce que les entreprises ont répondu. L’indicateur synthétique résume plusieurs soldes d’opinion ; le détail des questions n’a pas été ouvert.
- Elles ne donnent pas de niveau d’activité. Un solde d’opinion n’est pas une production, un chiffre d’affaires ou un carnet de commandes en volume.
- Elles ne disent rien des marchés financiers. Aucune donnée de marché n’a été ouverte pour cette page.
- Le champ est la France métropolitaine, et non la France entière : les départements d’outre-mer ne sont pas couverts par ces enquêtes.
Comment vérifier vous-même
- Ouvrez la page des communiqués de S&P Global. Elle doit répondre par un code HTTP 403 sans contenu.
- Ouvrez la page du rapport mensuel de l’ISM. Elle répond 200 ; retirez les balises et cherchez un nombre d’indice : il n’y en a pas.
- Téléchargez la série 001586890 de l’Insee. Elle doit contenir 616 observations depuis avril 1975.
- Téléchargez les séries 001585934, 001587025, 001580428 et 001565530 et relevez leur valeur de juillet 2026 : 101,3 ; 98,3 ; 98,6 et 97,2.
- Comptez les mois sous 100 dans la série tous secteurs : 279 sur 595.
- Comparez la valeur la plus haute et la plus basse des sept sous-secteurs : 106,4 contre 94,8, soit 11,6 points.
Questions fréquentes
Pourquoi cette page ne donne-t-elle aucune valeur de PMI ?▼
Parce que les deux sources ont été ouvertes le 13 août 2026 et qu’aucune n’a livré de chiffre. La page des communiqués de S&P Global a répondu par un code HTTP 403. La page de l’ISM a répondu 200 avec 88 352 caractères qui ne contiennent que des menus de navigation et pas une seule valeur d’indice. Publier un chiffre de PMI aurait donc supposé de le prendre chez un intermédiaire, ce que ce site ne fait pas.
Existe-t-il un équivalent public et gratuit en France ?▼
Oui, et il est plus ancien que le PMI lui-même. L’Insee publie quatre enquêtes mensuelles de conjoncture avec un indicateur synthétique par secteur : industrie manufacturière depuis avril 1976, bâtiment depuis avril 1975, services depuis janvier 1989 et commerce de détail depuis janvier 1991. Toutes sont gratuites, complètes et téléchargeables.
Que valent ces indicateurs en juillet 2026 ?▼
Industrie manufacturière 101,3 ; hébergement et restauration 100,2 ; transports et entreposage 99,4 ; commerce de détail et automobile 98,6 ; services 98,3 ; bâtiment 95,3 ; information et communication 95,4 ; tous secteurs 97,2. Les enquêtes sectorielles ont été mises à jour le 23 juillet 2026, celle du bâtiment le 31 juillet 2026.
Ces indicateurs se lisent-ils comme un PMI, avec un seuil ?▼
Non, et confondre les deux est l’erreur la plus courante. Les indicateurs de l’Insee sont normalisés autour de 100, qui représente leur moyenne de longue période ; le PMI est un indice de diffusion dont le seuil conventionnel est 50. Cent et cinquante ne veulent pas dire la même chose, et une valeur de l’un ne se convertit pas en valeur de l’autre.
Un indice sous 100 signifie-t-il que l’activité recule ?▼
Non. Il signifie que le solde d’opinions est inférieur à sa moyenne de longue période. Sur les 595 mois de l’indicateur tous secteurs, 279 sont sous 100, soit 46,9 % du temps : par construction, un indice centré sur sa moyenne passe environ la moitié de son existence en dessous.
Ces enquêtes anticipent-elles la croissance ?▼
Pas au-delà du trimestre en cours, d’après le test publié dans la guide consacrée aux indicateurs avancés : la corrélation entre la variation trimestrielle de l’indicateur tous secteurs et la croissance du PIB vaut 0,713 pour le même trimestre et −0,216 pour le suivant. Leur avantage est la fraîcheur de publication, pas l’anticipation.
Cette page prévoit-elle l’activité ?▼
Non. Elle publie des valeurs d’enquêtes déjà parues et deux constats d’accès. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.
Où aller ensuite
- Toutes les guides de macroéconomie — la page d’ensemble de la matière, à un clic d’ici.
- Indicateurs avancés et retardés — le test complet de ces enquêtes contre la croissance.
- La rotation sectorielle — les mêmes enquêtes lues comme mesure de dispersion entre secteurs.
- Le calendrier économique — pourquoi ces enquêtes paraissent avant la fin du mois qu’elles décrivent.
Sources ouvertes pour cette page
Sources interrogées le 13 août 2026 ; les deux échecs d’accès sont rapportés avec leur code de retour.
- Insee — enquêtes mensuelles de conjoncture : industrie (001585934), bâtiment (001586890), services (001587025), commerce de détail (001580428) et tous secteurs (001565530)Utilisées pour : les longueurs de série de 604, 616, 451, 427 et 595 observations, leurs dates de début, les valeurs de juillet 2026, les 279 mois sous 100, et les sept sous-secteurs du second tableau. Mises à jour déclarées : 23 juillet 2026, sauf le bâtiment au 31 juillet 2026. Lues le 13 août 2026.
- S&P Global — page des communiqués PMINon consultable : HTTP 403 le 13 août 2026. Aucune valeur de PMI n’est publiée sur cette page.
- Institute for Supply Management — page du rapport mensuelRépond HTTP 200 avec 88 352 caractères le 13 août 2026, sans aucune valeur d’indice après retrait des balises : navigation et liens d’adhésion seulement.
Registre des modifications
- 13 août 2026 — page réécrite intégralement après avoir tenté d’ouvrir les deux sources de PMI et lu les enquêtes de l’Insee, le 13 août 2026. Ont été retirés et non réécrits : des valeurs de PMI citées sans provenance vérifiable ; l’affirmation qu’un PMI au-dessus de 50 signifie une expansion de l’économie, présentée comme un fait ; la comparaison directe entre un indicateur normalisé à 100 et un indice de diffusion à 50 ; et des mots-clés recopiés de l’adresse de la page. À leur place : le récit des deux échecs d’accès avec leurs codes, cinq enquêtes publiques avec leur longueur et leur valeur de juillet 2026, sept sous-secteurs et leur dispersion, et l’avertissement sur les deux échelles.
- 1er juin 2026 — première publication de la page.
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