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La phrase exacte du FOMC, et les 797 mois qui montrent pourquoi elle compte

Chaque mois, la publication de l’inflation américaine est commentée par rapport à « l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale ». Presque toujours, le chiffre commenté est celui de l’indice des prix à la consommation. Or le document qui fixe cet objectif nomme un autre indice, et il ne mentionne jamais le premier. Cette page ouvre le texte, compte ses mots, puis mesure sur soixante-six ans ce que le choix de l’indice change réellement — en moyenne, au maximum, et dans le nombre de mois où la réponse à « sommes-nous à 2 % ? » s’inverse.

Où cela s’applique, jusqu’à quand, et ce que cette page n’est pas

Où. Les États-Unis, exclusivement. Le FOMC fixe la politique monétaire américaine ; sa cible d’inflation ne s’applique ni à la zone euro, ni à la France, dont la banque centrale de référence est la Banque centrale européenne. Un lecteur français n’est concerné par ces chiffres que comme observateur.

Jusqu’à quand. Document et séries ouverts le 13 août 2026. Le texte du FOMC porte la mention « adopted effective January 24, 2012; as reaffirmed effective January 27, 2026 ». Dernière observation du taux quotidien : 11 août 2026. Dernier mois d’indices de prix : juin 2026.

Ce que cette page n’est pas. Aucune prévision de décision ni d’inflation, aucun conseil. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Avertissement : Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte des risques, y compris la perte possible du capital investi. Consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d'investissement. Avertissement sur les risques.

Ce que le document dit, mot pour mot

Le texte qui fixe l’objectif s’appelle Statement on Longer-Run Goals and Monetary Policy Strategy. Il est court — 658 mots dans la version extraite le 13 août 2026 — et il contient une seule phrase sur la cible d’inflation :

« The Committee reaffirms its judgment that inflation at the rate of 2 percent, as measured by the annual change in the price index for personal consumption expenditures, is most consistent over the longer run with the Federal Reserve’s statutory maximum employment and price stability mandates. »

Le comptage des expressions dans ce document, refait le 13 août 2026 sur le texte intégral, donne le tableau suivant. Il n’y a pas de commentaire à ajouter : la deuxième ligne est l’information.

ExpressionOccurrences
« personal consumption expenditures »1
« consumer price index »0
« CPI »0
« 2 percent »2
Longueur totale du document658 mots

L’indice des prix à la consommation américain n’apparaît donc nulle part dans le document qui fixe la cible. Ce n’est pas une subtilité : c’est la différence entre citer une source et citer une paraphrase. Et la section suivante montre que la différence a une taille mesurable.

Deux indices, 797 mois, et 60 désaccords

Les deux indices sont publiés en niveaux mensuels. En calculant leur variation sur douze mois et en alignant les résultats, on obtient 797 mois communs, de janvier 1960 à juin 2026. Sur cette population entière :

MoisIndice des prix à la consommationIndice PCEÉcart, en points
juin 198014,27 %10,52 %3,74
juin 20263,46 %3,67 %0,21

La ligne de juin 2026 mérite une note de méthode. Les deux valeurs sont calculées ici, à partir des niveaux d’indice publiés, et non reprises d’une publication de taux. C’est la même règle que partout sur ce site : un nombre reconstitué est signalé comme tel, parce que les taux publiés par les agences passent par des conventions d’arrondi et de désaisonnalisation qui leur appartiennent.

Et il faut noter que l’indice PCE n’est pas systématiquement le plus bas des deux : en juin 2026 c’est lui qui est au-dessus, de 0,21 point. La règle « le PCE donne toujours moins » est une approximation d’époque, pas une propriété.

L’écart n’est pas stable : sept décennies, sept régimes

Une moyenne de 0,552 point sur soixante-six ans cache des périodes très différentes. En regroupant les 797 mois par décennie, l’écart moyen en valeur absolue vaut 0,278 point dans les années 1960, 0,735 dans les années 1970, 0,842 dans les années 1980, 0,685 dans les années 1990, 0,494 dans les années 2000, 0,300 dans les années 2010 et 0,513 sur les soixante-dix-sept mois écoulés depuis 2020.

Autrement dit, le choix de l’indice comptait presque trois fois plus dans les années 1980 que dans les années 2010 — et il compte de nouveau davantage depuis 2020 que dans la décennie précédente. Un lecteur qui aurait formé son intuition sur les années 2010, où les deux indices se suivaient à trois dixièmes de point, se trompe d’ordre de grandeur en l’appliquant aux années récentes.

Un dernier comptage complète l’image et corrige une formulation courante. L’indice des prix à la consommation est supérieur à l’autre dans 644 mois sur 797, soit 80,8 % du temps. C’est une nette majorité, mais ce n’est pas une règle : dans un mois sur cinq, la hiérarchie s’inverse, comme en juin 2026. Écrire « le PCE est structurellement plus bas » revient à transformer une fréquence de quatre sur cinq en propriété permanente.

Le taux des fonds fédéraux sur 26 340 journées

L’autre objet que tout le monde nomme au singulier est le taux directeur américain. Il y en a en réalité deux formes qu’il ne faut pas confondre : une fourchette cible, qui est une décision du comité, et un taux effectif, qui est une moyenne de transactions réellement conclues et qui varie chaque jour à l’intérieur de cette fourchette. La série quotidienne du taux effectif compte 26 340 observations, du 1er juillet 1954 au 11 août 2026.

DateValeurCe que la ligne établit
22 juillet 198122,36 %Maximum de la série quotidienne
juin 198119,10 %Maximum de la série mensuelle
30 décembre 20110,04 %Minimum de la série quotidienne
avril 20200,05 %Minimum de la série mensuelle
11 août 20263,63 %Dernière observation disponible

Le contraste entre les deux premières lignes vaut d’être souligné : le maximum quotidien, 22,36 %, dépasse de plus de trois points le maximum mensuel, 19,10 %. Ce n’est pas une contradiction, c’est un effet de moyenne — et c’est aussi la raison pour laquelle citer « le taux de la Fed en 1981 » sans dire à quelle fréquence donne deux chiffres également défendables et différents de trois points.

Un troisième comptage referme le sujet. Le taux effectif a été inférieur ou égal à 0,25 % pendant 3 374 jours, soit 12,8 % de toute l’histoire de la série. Ces jours ne sont pas tous concentrés dans la période récente : la première occurrence date du 6 juillet 1954 et la dernière du 16 mars 2022. Un huitième de l’histoire du taux directeur américain s’est déroulé à un quart de point ou moins.

Un taux qui bougeait tous les jours, et qui ne bouge presque plus

La série quotidienne permet un comptage que la série mensuelle interdit : combien de fois, d’un jour au suivant, la valeur publiée change. Sur les 26 340 journées, cela se produit 12 044 fois, soit un jour sur deux — ce qui rappelle qu’un taux effectif est une moyenne de transactions, pas une décision.

La répartition par décennie est spectaculaire. Les années 1980 comptent 2 476 changements de valeur quotidienne, les années 1990 2 439, les années 2000 2 205, puis les années 2010 seulement 750 et les six années et demie écoulées depuis 2020 113.

Un facteur vingt-deux sépare la décennie 1980 de la période récente. Une lecture prudente s’impose : ce comptage mesure la variabilité de la valeur publiée, arrondie au centième de point, et non l’activité du marché monétaire. Un taux maintenu à l’intérieur d’une fourchette étroite produit mécaniquement moins de valeurs distinctes. Ce que la série établit, c’est que la valeur imprimée du taux américain a cessé de bouger tous les jours ; pourquoi, elle ne le dit pas.

Ce que ces sources ne disent pas

Comment vérifier vous-même

  1. Téléchargez le Statement on Longer-Run Goals and Monetary Policy Strategy et cherchez la chaîne « consumer price index ». Vous devez obtenir zéro occurrence.
  2. Cherchez « personal consumption expenditures » dans le même fichier : une seule occurrence, dans la phrase citée plus haut.
  3. Téléchargez les deux séries d’indices de prix américaines en niveau, calculez leur variation sur douze mois et alignez-les. Vous devez obtenir 797 mois communs à partir de janvier 1960.
  4. Faites la moyenne des écarts en valeur absolue : 0,552 point. Cherchez le maximum : 3,74 points en juin 1980.
  5. Comptez les mois où exactement l’un des deux atteint 2 % : vous devez en trouver 60.
  6. Téléchargez la série quotidienne du taux effectif des fonds fédéraux : 26 340 lignes, maximum 22,36 % le 22 juillet 1981.

Questions fréquentes

Sur quel indice porte l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale ?

Sur l’indice des prix des dépenses de consommation des ménages, et le document le dit mot pour mot. Le Statement on Longer-Run Goals and Monetary Policy Strategy, adopté le 24 janvier 2012 et réaffirmé avec effet au 27 janvier 2026, écrit « inflation at the rate of 2 percent, as measured by the annual change in the price index for personal consumption expenditures ». Le texte complet fait 658 mots et l’expression « consumer price index » n’y figure pas une seule fois.

L’écart entre les deux indices est-il important ?

Il l’est plus souvent qu’on ne le croit. Sur les 797 mois où les deux taux annuels existent, de janvier 1960 à juin 2026, l’écart moyen en valeur absolue est de 0,552 point de pourcentage et l’écart maximum de 3,74 points, atteint en juin 1980 : 14,27 % pour l’indice des prix à la consommation contre 10,52 % pour l’indice des dépenses de consommation.

Cet écart change-t-il la réponse à la question « l’inflation est-elle à 2 % ? »

Dans 60 mois sur 797, oui : l’un des deux indices atteint ou dépasse 2 % pendant que l’autre reste en dessous. Un mois sur treize environ. En juin 2026, dernier mois commun, les deux sont bien au-dessus : 3,46 % pour l’indice des prix à la consommation et 3,67 % pour l’indice des dépenses de consommation, calculés ici à partir des niveaux publiés.

Quel est le taux des fonds fédéraux aujourd’hui ?

Le taux effectif publié quotidiennement vaut 3,63 % au 11 août 2026, dernière observation disponible le 13 août 2026. C’est une moyenne de transactions réellement conclues, pas une décision : la décision porte sur une fourchette cible, à l’intérieur de laquelle ce taux se situe.

Quels sont les extrêmes historiques de ce taux ?

Sur les 26 340 observations quotidiennes allant du 1er juillet 1954 au 11 août 2026, le maximum est 22,36 % le 22 juillet 1981 et le minimum 0,04 % le 30 décembre 2011. La série mensuelle, plus lissée, donne 19,10 % en juin 1981 et 0,05 % en avril 2020.

Combien de temps le taux est-il resté proche de zéro ?

Le taux effectif quotidien a été inférieur ou égal à 0,25 % pendant 3 374 jours, soit 12,8 % de toute l’histoire de la série. Ces jours ne sont pas tous récents : le premier date du 6 juillet 1954 et le dernier du 16 mars 2022.

Cette page annonce-t-elle la prochaine décision du FOMC ?

Non. Toutes les valeurs citées sont des observations passées ou des phrases lues dans un document publié. Aucune source ouverte ici ne contient de projection. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Où aller ensuite

Sources ouvertes pour cette page

Document et séries ouverts le 13 août 2026, comptages refaits le même jour sur la totalité des observations.

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