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Deux bilans de banque centrale, lus semaine par semaine du premier chiffre au dernier

L’assouplissement quantitatif se discute presque toujours en récit — les programmes, les annonces, les sigles — et presque jamais en encours. Pourtant les deux grandes banques centrales publient leur bilan chaque semaine, gratuitement, l’une depuis la fin de 1998 et l’autre depuis la fin de 2002. Cette page lit les deux séries entières, publie les repères datés qui en résument la forme, mesure le reflux en cours des deux côtés, et s’arrête exactement là où les données s’arrêtent.

Où cela s’applique, jusqu’à quand, et ce que cette page n’est pas

Où. La zone euro et les États-Unis, séparément. Les deux banque centrale concernées publient des encours dans des unités différentes, avec des périmètres comptables qui n’ont pas été rapprochés ici. Les deux séries sont donc lues côte à côte, jamais additionnées ni converties.

Jusqu’à quand. Séries téléchargées le 13 août 2026. Dernière observation européenne : semaine 32 de 2026. Dernière observation américaine : 5 août 2026. Un encours hebdomadaire est révisable à la marge ; les valeurs de 2008 ne le sont plus.

Ce que cette page n’est pas. Aucune prévision, aucun effet du QE attribué à un marché ou à un prix, aucun conseil. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Avertissement : Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte des risques, y compris la perte possible du capital investi. Consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d'investissement. Avertissement sur les risques.

Le bilan de l’Eurosystème en neuf dates

La série hebdomadaire de la Banque centrale européenne compte 1 441 observations. Elle commence à la semaine 53 de 1998 et se termine à la semaine 32 de 2026. Toutes les valeurs sont en millions d’euros.

SemaineEncours, en M€Remarque
Semaine 53 de 1998697 160Première observation de la série
Semaine 26 de 20071 208 453
Semaine 1 de 20092 088 878
Semaine 26 de 20123 102 227Sommet local, suivi d’un recul de 31,2 %
Semaine 10 de 20152 134 819Creux du reflux précédent
Semaine 12 de 20204 927 267
Semaine 25 de 20228 835 987Maximum de toute la série
Semaine 32 de 20246 462 215
Semaine 32 de 20265 923 023Dernière observation

Trois chiffres résument la série. Le bilan a été multiplié par 12,7 entre sa première observation et son sommet. Il vaut aujourd’hui 8,5 fois sa valeur de 1998. Et il a reculé de 2 913 milliards d’euros depuis son sommet, soit 33,0 %.

La quatrième et la cinquième ligne de la table méritent l’attention parce qu’elles contredisent une idée courante. Le reflux actuel n’est pas le premier : entre la semaine 26 de 2012 et la semaine 10 de 2015, le bilan avait déjà reculé de 3 102 227 à 2 134 819 millions d’euros, soit −31,2 %, une ampleur relative comparable à celle du resserrement quantitatif en cours. Qui ne regarde que la dernière décennie croit assister à un événement inédit ; la série entière dit qu’il a un précédent de taille voisine.

Le bilan de la Réserve fédérale en huit dates

La série américaine compte 1 234 observations hebdomadaires, du 18 décembre 2002 au 5 août 2026, en millions de dollars.

DateEncours, en M$Remarque
27 juin 2007865 105
3 septembre 2008905 253Veille de la progression la plus rapide
31 décembre 20082 239 457Multiplication par 2,47 en quatre mois
31 décembre 20144 497 660
11 mars 20204 311 911
10 juin 20207 168 936Trois mois plus tard
13 avril 20228 965 487Maximum de la série
5 août 20266 748 567Dernière observation

Les achats de titres ne se voient pas ici sous forme de programmes nommés, mais sous forme de vitesse. Entre le 3 septembre et le 31 décembre 2008, l’encours est multiplié par 2,47 en moins de quatre mois. Entre le 11 mars et le 10 juin 2020, il passe de 4 311 911 à 7 168 936 millions, soit 2 857 milliards ajoutés en trois mois — davantage, en valeur absolue, que tout ce que le bilan pesait avant 2008.

Le reflux américain est plus lent que le reflux européen en proportion : −24,7 % depuis le sommet du 13 avril 2022, contre −33,0 % côté européen. En valeur, il représente 2 217 milliards de dollars. Les deux nombres sont dans deux monnaies différentes et ne s’additionnent pas ; ils se lisent l’un après l’autre.

Un bilan de banque centrale bouge presque chaque semaine

Une image tenace veut qu’un bilan de banque centrale reste plat entre deux programmes d’achat et bondisse quand un programme démarre. Le comptage semaine par semaine dit autre chose. Sur les 1 440 variations hebdomadaires de la série européenne, 781 sont des hausses et 658 des baisses ; il ne reste donc qu’une poignée de semaines strictement identiques à la précédente. Côté américain, sur 1 233 variations, 665 hausses et 568 baisses. Un bilan de banque centrale respire en permanence, pour des raisons opérationnelles qui n’ont rien à voir avec une annonce.

C’est ce qui rend les variations extrêmes intéressantes : elles sortent d’un bruit de fond continu. La plus forte hausse hebdomadaire de la série européenne vaut +599 765 millions d’euros, à la semaine 26 de 2020 ; la plus forte baisse vaut −491 705 millions, à la semaine 51 de 2022. Deux semaines, deux mouvements de près d’un demi-billion d’euros chacun, dans des directions opposées, à deux ans et demi de distance.

Côté américain, la plus forte hausse hebdomadaire tombe le 25 mars 2020 et vaut +586 066 millions de dollars. Rapportée au niveau du bilan trois semaines plus tôt, elle représente à elle seule plus de treize pour cent d’un encours accumulé sur dix-sept ans. Ces trois nombres sont des variations d’encours et rien d’autre : ils ne disent pas ce qui a été acheté, ni à qui, ni pourquoi.

Pourquoi ces séries ne se comparent pas terme à terme

Il est tentant de mettre les deux courbes sur le même graphique, et c’est une tentation qu’il faut nommer pour lui résister. Trois obstacles, tous vérifiables dans les fichiers eux-mêmes :

Ce que l’on peut légitimement comparer, ce sont des variations relatives calculées à l’intérieur de chaque série : −33,0 % et −24,7 % sont deux nombres sans dimension, chacun calculé sur son propre fichier. C’est la seule comparaison qui figure sur cette page.

Trois décennies, trois multiples

Découper la série européenne en tranches décennales donne une progression que la seule mention du sommet de 2022 masque. À la dernière semaine de 1998, le bilan de l’Eurosystème vaut 697 160 millions d’euros. À la dernière semaine de 2008, 2 043 465. À la dernière semaine de 2018, 4 669 003. À la trente-deuxième semaine de 2026, 5 923 023.

Les multiples successifs valent donc 2,93 pour la première décennie, 2,29 pour la deuxième, et 1,27 pour les sept années et demie suivantes — bien que cette dernière période contienne à la fois le sommet historique et le reflux le plus important de la série. Une progression rapportée à des points de départ différents change complètement d’allure selon les bornes qu’on choisit, et c’est pourquoi les quatre valeurs sont imprimées à côté des trois multiples.

Ce découpage éclaire aussi le reflux en cours. Le bilan de 2026 reste supérieur de 27 % à celui de la fin 2018, alors même qu’il a perdu 2 913 milliards d’euros depuis 2022. Le mot « normalisation », qui n’apparaît dans aucune des séries lues ici, désignerait donc un retour à un niveau qui n’a pas été atteint.

Ce que ces sources ne disent pas

Comment vérifier vous-même

  1. Téléchargez la série hebdomadaire du bilan consolidé de l’Eurosystème. Elle doit contenir 1 441 lignes, la première datée de la semaine 53 de 1998 à 697 160 millions d’euros.
  2. Cherchez son maximum : 8 835 987 millions, semaine 25 de 2022. Divisez la dernière valeur par ce maximum : vous obtenez 0,670, soit −33,0 %.
  3. Comparez la semaine 26 de 2012 et la semaine 10 de 2015 : 3 102 227 puis 2 134 819, soit −31,2 %. Le reflux actuel a un précédent.
  4. Téléchargez la série WALCL de la Réserve fédérale de Saint-Louis : 1 234 lignes, maximum 8 965 487 millions de dollars le 13 avril 2022.
  5. Divisez la valeur du 31 décembre 2008 par celle du 3 septembre 2008 : 2,47 en quatre mois.
  6. Soustrayez la valeur du 11 mars 2020 de celle du 10 juin 2020 : 2 857 milliards de dollars en trois mois.

Questions fréquentes

De combien le bilan de l’Eurosystème a-t-il augmenté ?

La série hebdomadaire publiée par la Banque centrale européenne compte 1 441 observations, de la dernière semaine de 1998 à la trente-deuxième semaine de 2026. Elle part de 697 160 millions d’euros et atteint son sommet à 8 835 987 millions à la vingt-cinquième semaine de 2022, soit un facteur 12,7. Au 13 août 2026 elle vaut 5 923 023 millions, soit 8,5 fois sa valeur de départ.

Le bilan a-t-il commencé à baisser ?

Oui, et la baisse est mesurable. Entre le sommet de 2022 et la dernière observation disponible, le bilan de l’Eurosystème recule de 2 913 milliards d’euros, soit 33,0 % de sa valeur maximale. Le bilan de la Réserve fédérale recule sur la même période de 2 217 milliards de dollars, soit 24,7 % de son sommet du 13 avril 2022.

Les deux bilans se comparent-ils directement ?

Non, et cette page ne les additionne jamais. L’un est en euros, l’autre en dollars ; l’un est une série hebdomadaire indexée par semaine ISO, l’autre par date de mercredi ; les périmètres comptables ne sont pas identiques et aucun document méthodologique n’a été lu ici pour les rapprocher. Ils sont lus côte à côte, chacun avec son unité.

Quelle a été la progression la plus rapide ?

Du côté américain, entre le 3 septembre et le 31 décembre 2008 : de 905 253 à 2 239 457 millions de dollars, soit un facteur 2,47 en quatre mois. Du côté européen, entre la douzième semaine de 2020 et la vingt-cinquième semaine de 2022 : de 4 927 267 à 8 835 987 millions d’euros, soit 3 909 milliards ajoutés en un peu plus de deux ans.

Le bilan a-t-il déjà baissé avant ?

Oui, une fois nettement du côté européen : de 3 102 227 millions d’euros à la vingt-sixième semaine de 2012 à 2 134 819 millions à la dixième semaine de 2015, soit un recul de 31,2 %. Le reflux en cours n’est donc pas le premier de la série, ce que la seule lecture des dernières années ne montre pas.

Ces chiffres disent-ils l’effet du QE sur l’économie ?

Non. Une série de bilan est un encours comptable hebdomadaire. Elle ne contient ni décomposition par programme d’achat, ni effet sur les taux, ni effet sur l’inflation ou l’activité. Aucune de ces relations n’a été mesurée pour cette page et aucune n’y est affirmée.

Cette page prévoit-elle la suite ?

Non. Chaque valeur est une observation passée. Aucune source ouverte ici ne contient de projection. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Où aller ensuite

Sources ouvertes pour cette page

Séries téléchargées le 13 août 2026, comptages refaits le même jour sur la totalité des observations.

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