Un chiffre unique pour un marché du travail qui n’en a pas
Le taux de chômage français est publié tous les trimestres, un seul nombre, et il est discuté comme si ce nombre était le marché du travail lui-même. Cette page fait trois choses que le nombre ne fait pas : elle le remet dans la série entière, 206 trimestres depuis 1975 ; elle publie à côté la catégorie que l’Insee mesure et que le taux exclut par construction, le halo autour du chômage ; et elle montre le trimestre où le taux a baissé pendant que le marché du travail s’effondrait, ce qui est le meilleur cours de méthode que la statistique publique ait offert depuis vingt ans.
Où cela s’applique, jusqu’à quand, et ce que cette page n’est pas
Où. La France, dans deux champs géographiques que l’Insee distingue explicitement — France entière et France hors Mayotte — et dans ses 100 départements pour la partie territoriale. Aucun autre pays n’est décrit ici, et les taux de chômage étrangers ne sont pas comparables sans vérifier leur définition.
Jusqu’à quand. Séries téléchargées le 13 août 2026. Dernier trimestre national : deuxième trimestre 2026, série mise à jour le 7 août 2026. Dernier trimestre départemental : premier trimestre 2026, série mise à jour le 19 juin 2026. Les deux champs n’avancent pas au même rythme, et cette page ne les mélange pas.
Ce que cette page n’est pas. Aucune prévision, aucune cause attribuée à une variation, aucun conseil. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.
Deux cent six trimestres, de 3,2 % à 10,7 %
La série du taux de chômage au sens du BIT pour la France hors Mayotte, en données corrigées des variations saisonnières, compte 206 observations du premier trimestre 1975 au deuxième trimestre 2026. Son minimum est sa toute première valeur, 3,2 % au premier trimestre 1975. Son maximum est 10,7 %, atteint au premier trimestre 1994. La dernière valeur est de 8,3 %.
Ce que la série montre sur les deux dernières années est un mouvement continu, ce qui est rare dans une statistique trimestrielle : six trimestres de hausse d’affilée, sans interruption.
| Trimestre | Taux de chômage |
|---|---|
| 2024-T4 | 7,3 % |
| 2025-T1 | 7,4 % |
| 2025-T2 | 7,5 % |
| 2025-T3 | 7,7 % |
| 2025-T4 | 7,9 % |
| 2026-T1 | 8,1 % |
| 2026-T2 | 8,3 % |
Un point de hausse en six trimestres. C’est un fait, et cette page s’arrête là : elle ne dit pas pourquoi, et elle ne dit pas ce que le trimestre suivant contiendra. Les séries lues ici ne portent ni cause ni projection, et rien ne serait plus facile — ni plus faux — que d’en ajouter une.
Cinquante ans en six décennies
Ranger les 206 trimestres par décennie donne une image que la lecture au trimestre ne donne pas. La moyenne des années 1970, sur les vingt trimestres disponibles à partir de 1975, vaut 4,41 %. Celle des années 1980 vaut 8,00 %, celle des années 1990 9,71 %, celle des années 2000 8,39 %, celle des années 2010 9,60 %, et celle des vingt-six trimestres écoulés depuis 2020 7,63 %.
Deux seuils rendent la rupture plus nette encore. Un taux inférieur à 7 % n’apparaît que dans 28 trimestres, tous compris entre le premier trimestre 1975 et le quatrième trimestre 1981 : la France n’a plus connu ce niveau depuis quarante-quatre ans. À l’autre bout, un taux d’au moins 10 % couvre 37 trimestres, dispersés du troisième trimestre 1993 au quatrième trimestre 2016.
La décennie 2020 est, pour l’instant, la moins chômeuse depuis les années 1970 — avec la réserve que six de ses trimestres manquent encore et que sa moyenne inclut le trimestre aberrant décrit plus bas. Une moyenne de décennie calculée sur vingt-six trimestres et une calculée sur quarante ne se comparent pas sans le dire, et c’est écrit ici plutôt que dissimulé derrière une moyenne unique.
Le trimestre où le chômage a baissé parce que personne ne pouvait chercher
Pour être compté comme chômeur au sens du Bureau international du travail, il ne suffit pas d’être sans emploi : il faut aussi être disponible et avoir cherché activement un travail. Cette double condition n’est pas un détail administratif, et le printemps 2020 l’a démontré de la façon la plus brutale possible.
| Trimestre | Taux de chômage | Chômeurs, en milliers | Halo, en milliers |
|---|---|---|---|
| 2019-T4 | 8,2 % | — | — |
| 2020-T1 | 7,9 % | 2 391 | 2 064 |
| 2020-T2 | 7,1 % | 2 096 | 2 899 |
| 2020-T3 | 9,0 % | 2 709 | 2 057 |
| 2020-T4 | 8,1 % | — | — |
Le taux tombe de 7,9 % à 7,1 % entre le premier et le deuxième trimestre 2020, puis remonte à 9,0 % au troisième. Un lecteur qui n’aurait que la ligne du taux conclurait à une amélioration suivie d’une dégradation. Les deux colonnes de droite disent ce qui s’est réellement passé : le nombre de chômeurs baisse de 295 000 pendant que le halo augmente de 835 000. Les personnes n’ont pas trouvé d’emploi ; elles ont cessé de remplir la condition de recherche active, et sont passées d’une case à l’autre.
Ce n’est pas une critique de l’Insee, qui publie précisément les deux séries qui permettent de le voir. C’est une critique de l’usage : un taux dont la définition exige un comportement de recherche cesse de mesurer l’emploi dès que ce comportement devient impossible. La règle pratique qui en découle vaut au-delà de 2020 — ne jamais lire le taux sans le halo.
Le halo, aujourd’hui : 1 865 000 personnes
Au deuxième trimestre 2026, la France entière compte 2 677 000 chômeurs au sens du Bureau international du travail et 1 865 000 personnes dans le halo. Le rapport entre les deux est de 69,7 % : pour dix personnes comptées comme chômeurs, sept autres souhaitent un emploi sans entrer dans la définition.
Deux autres mesures publiées par l’Insee complètent le tableau, et aucune ne se déduit du taux :
- Le chômage rapporté à la population de 15 ans et plus vaut 4,7 % au deuxième trimestre 2026, contre 8,3 % pour le taux de chômage. La différence n’est pas une contradiction : le taux se rapporte à la population active, la part se rapporte à toute la population en âge de travailler. Deux dénominateurs, deux nombres, tous deux publiés.
- Le taux de chômage de longue durée vaut 2,1 %, soit 671 000 personnes, un quart des chômeurs. Cette série commence au premier trimestre 2003, où elle valait 2,2 % : elle est aujourd’hui au même niveau qu’il y a vingt-trois ans, ce que la seule lecture du taux global ne dit pas.
- Le halo n’a pas de tendance parallèle au chômage. Il valait 1 521 000 personnes au premier trimestre 2003 et 1 865 000 au deuxième trimestre 2026, pendant que le taux de chômage passait de 8,4 % à 8,3 %. Un taux quasi identique à vingt-trois ans de distance, avec 344 000 personnes de plus dans le halo.
Une conséquence pratique en découle pour la lecture d’une série longue : le taux de chômage et le halo racontent deux histoires qui ne se recoupent pas, et un commentaire construit sur un seul des deux est toujours incomplet. Le halo n’est pas un supplément d’âme statistique ni une catégorie militante ; c’est une série publiée par le même institut, à la même date, avec le même degré de rigueur, et elle est ignorée à peu près partout.
Quatorze points d’écart entre deux départements français
L’Insee publie aussi un taux de chômage localisé, par région et par département. Au premier trimestre 2026 — dernier trimestre disponible pour ce champ, la série ayant été mise à jour le 19 juin 2026 — les 100 départements s’étalent de 4,7 % à 19,3 %.
| Département | Taux, premier trimestre 2026 |
|---|---|
| Cantal | 4,7 % |
| Lozère | 4,9 % |
| Manche | 5,5 % |
| Pyrénées-Orientales | 12,7 % |
| Martinique | 13,5 % |
| Guadeloupe | 15,2 % |
| La Réunion | 19,0 % |
| Guyane | 19,3 % |
14,6 points séparent le Cantal de la Guyane. Les quatre départements les plus touchés sont tous d’outre-mer, et les trois moins touchés sont ruraux et peu peuplés. Entre régions, l’amplitude se réduit sans disparaître : de 6,6 % en Bretagne et dans les Pays de la Loire à 9,8 % dans les Hauts-de-France.
Une moyenne nationale de 8,3 % recouvre donc des situations qui vont du plein-emploi au chômage de masse dans le même pays et sous les mêmes règles. Ce n’est pas un argument contre la moyenne ; c’est un argument contre l’usage de la moyenne seule.
Ce que ces sources ne disent pas
- Elles ne comparent pas le chômage au sens du BIT et les inscriptions à France Travail. La copie de la série des demandeurs d’emploi de catégorie A hébergée dans la banque de données de l’Insee est arrêtée : sa dernière observation date de décembre 2018 et sa dernière mise à jour du 25 janvier 2019. Aucune comparaison n’est donc publiée ici entre les deux comptages, faute de série vivante lue à la source.
- Elles ne disent pas pourquoi le taux monte ou descend. Aucune cause, aucun secteur, aucune politique n’est mentionné dans les fichiers lus, et rien n’est déduit ici.
- Elles ne disent rien des salaires. Aucune série de rémunération n’a été ouverte pour cette page, et la relation entre chômage et salaires n’y figure sous aucune forme.
- Elles ne disent rien du sous-emploi ni du temps partiel subi. Ces mesures existent chez le même producteur ; elles n’ont pas été lues et ne sont donc pas citées.
- Elles ne se comparent pas telles quelles à l’étranger. Le champ, la source de l’enquête et le traitement des saisonnalités diffèrent d’un institut à l’autre, et aucune série étrangère n’a été ouverte ici.
- Les deux champs géographiques ne se substituent pas l’un à l’autre. France entière et France hors Mayotte donnent 8,3 % au deuxième trimestre 2026, mais leurs séries n’ont ni la même longueur ni la même histoire, et cette page indique à chaque fois laquelle est employée.
Comment vérifier vous-même
- Téléchargez la série 001688527 de l’Insee. Elle doit contenir 206 trimestres, le premier daté du premier trimestre 1975 à 3,2 %.
- Cherchez son maximum : 10,7 % au premier trimestre 1994. Puis lisez les six derniers trimestres, qui montent de 7,3 % à 8,3 % sans interruption.
- Ouvrez les séries 011818555 et 011818564, chômeurs et halo. Comparez leurs valeurs du premier au troisième trimestre 2020 : l’une baisse de 295 000 pendant que l’autre monte de 835 000.
- Divisez le halo par le nombre de chômeurs au deuxième trimestre 2026 : 1 865 sur 2 677, soit 69,7 %.
- Demandez toutes les séries de taux de chômage localisé par département pour le premier trimestre 2026. Vous devez en obtenir 100, dont le minimum vaut 4,7 % et le maximum 19,3 %.
- Interrogez enfin la série 001572354, les demandeurs d’emploi de catégorie A. Elle répond, et sa dernière ligne est datée de décembre 2018 : c’est une série arrêtée.
Questions fréquentes
Quel est le taux de chômage français aujourd’hui ?▼
Au deuxième trimestre 2026, l’Insee publie 8,3 % pour la France entière comme pour la France hors Mayotte, en données corrigées des variations saisonnières, au sens du Bureau international du travail. La série a été mise à jour le 7 août 2026. C’est le sixième trimestre de hausse consécutif : le taux valait 7,3 % au quatrième trimestre 2024.
Qu’est-ce que le halo autour du chômage ?▼
C’est la catégorie que l’Insee publie à côté du chômage et qui compte les personnes sans emploi qui souhaitent travailler mais ne remplissent pas les deux conditions du Bureau international du travail — être disponible et avoir cherché activement. Au deuxième trimestre 2026 le halo compte 1 865 000 personnes, contre 2 677 000 chômeurs. Il représente donc 69,7 % du chômage mesuré, et il n’entre pas dans le taux.
Le taux de chômage a-t-il vraiment baissé pendant le confinement de 2020 ?▼
Oui, et c’est la meilleure démonstration de ce que la définition mesure. Le taux passe de 7,9 % au premier trimestre 2020 à 7,1 % au deuxième, puis remonte à 9,0 % au troisième. Sur les mêmes trimestres, le nombre de chômeurs baisse de 2 391 000 à 2 096 000 tandis que le halo bondit de 2 064 000 à 2 899 000. Des personnes sans emploi ont cessé d’être comptées comme chômeurs parce qu’elles ne pouvaient plus chercher activement.
Quels sont les extrêmes de la série française ?▼
Sur 206 trimestres allant du premier trimestre 1975 au deuxième trimestre 2026, pour la France hors Mayotte, le maximum est 10,7 % au premier trimestre 1994 et le minimum 3,2 % au premier trimestre 1975, qui est aussi la première observation disponible. Le taux actuel de 8,3 % se situe donc à 2,4 points sous le sommet historique.
Le chômage est-il uniforme sur le territoire ?▼
Non, et l’écart est considérable. Au premier trimestre 2026, sur les 100 départements que publie l’Insee, le taux le plus bas est de 4,7 % dans le Cantal et le plus haut de 19,3 % en Guyane : 14,6 points d’écart. Entre régions, l’écart va de 6,6 % en Bretagne et dans les Pays de la Loire à 9,8 % dans les Hauts-de-France.
Combien de chômeurs sont sans emploi depuis longtemps ?▼
Le taux de chômage de longue durée publié par l’Insee pour la France entière vaut 2,1 % au deuxième trimestre 2026, contre 2,2 % au premier trimestre 2003, première observation de cette série. En nombre, cela représente 671 000 personnes sur 2 677 000 chômeurs, soit un quart d’entre eux.
Cette page dit-elle où va le chômage ?▼
Non. Chaque valeur est une observation publiée, et la dernière date du deuxième trimestre 2026. Aucune source ouverte ici ne contient de projection. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.
Où aller ensuite
- Toutes les guides de macroéconomie — la page d’ensemble de la matière, à un clic d’ici.
- La stagflation — ce même taux additionné à l’inflation, sur 118 trimestres.
- Récessions : signaux et datation — les règles fondées sur le chômage, testées sur la série française.
- Le calendrier économique — quand ces chiffres sortent, et avec quel retard.
Sources ouvertes pour cette page
Séries téléchargées le 13 août 2026, comptages refaits le même jour sur la totalité des observations.
- Insee — taux de chômage au sens du BIT, France hors Mayotte, données CVS (001688527)Utilisée pour : les 206 trimestres de 1975-T1 à 2026-T2, le minimum de 3,2 %, le maximum de 10,7 % au premier trimestre 1994, la séquence de six hausses consécutives, et les valeurs de 2019-T4 à 2020-T4. Dernière mise à jour déclarée : 7 août 2026. Lue le 13 août 2026.
- Insee — personnes dans le halo autour du chômage, France entière, données CVS (011818564), et chômeurs au sens du BIT (011818555)Utilisées pour : les 1 865 000 personnes du halo et les 2 677 000 chômeurs du deuxième trimestre 2026, le rapport de 69,7 %, les mouvements de 2020, et les valeurs de départ de 2003-T1. Lues le 13 août 2026.
- Insee — taux de chômage de longue durée (011818581), chômeurs de longue durée (011818577) et part du chômage dans la population de 15 ans et plus (011818614)Utilisées pour : les 2,1 % et 671 000 personnes du deuxième trimestre 2026, la valeur de 2,2 % au premier trimestre 2003, et la part de 4,7 %. Lues le 13 août 2026.
- Insee — taux de chômage localisé, ensemble des séries régionales et départementalesUtilisées pour : les 100 départements du premier trimestre 2026, le minimum de 4,7 % dans le Cantal, le maximum de 19,3 % en Guyane, les 14,6 points d’écart et l’amplitude régionale de 6,6 % à 9,8 %. Dernière mise à jour déclarée : 19 juin 2026. Lues le 13 août 2026.
- Insee — demandeurs d’emploi de catégorie A, France métropolitaine, données CVS-CJO (001572354)Série arrêtée : dernière observation décembre 2018, dernière mise à jour 25 janvier 2019. Constatée le 13 août 2026 ; aucune comparaison avec le chômage au sens du BIT n’est donc publiée.
Registre des modifications
- 13 août 2026 — page réécrite intégralement contre les séries de l’Insee ouvertes ce jour-là. Ont été retirés et non réécrits : la relation entre chômage et inflation présentée comme une loi ; l’assimilation du chômage au sens du BIT aux inscriptions à France Travail, sans série vivante pour l’étayer ; un taux national cité sans champ géographique ; et des mots-clés recopiés de l’adresse de la page. À leur place : les 206 trimestres avec leurs extrêmes datés, le halo publié à côté du taux, la séquence de 2020 qui montre ce que la définition mesure, les 100 départements du premier trimestre 2026, et l’état arrêté de la série des demandeurs d’emploi déclaré au lieu d’être contourné.
- 1er juin 2026 — première publication de la page.
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