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Un signal qui se déclenche trois fois plus souvent que l’événement qu’il annonce

Les signal de récession se citent volontiers et se testent rarement. Cette page en prend un, fondé sur la remontée du taux de chômage, l’applique à toute la série française — 206 trimestres depuis 1975 — et publie ses douze déclenchements avec leurs dates. Elle les confronte ensuite au seul fait indiscutable disponible : les quatre années où le PIB français a effectivement reculé. Le rapport est de trois à un. La dernière partie s’occupe de la question que ce test rend inévitable : qui, en France ou en Europe, déclare qu’une récession a eu lieu — et la réponse est un trou déclaré.

Où cela s’applique, jusqu’à quand, et ce que cette page n’est pas

Où. La France, pour tous les comptages. Les États-Unis apparaissent uniquement pour la définition et pour un exemple de révision ; leur chronologie n’a aucune juridiction en Europe.

Jusqu’à quand. Séries et documents ouverts le 13 août 2026. Dernier trimestre français disponible : deuxième trimestre 2026. Un épisode ouvert le reste tant que la série n’a pas avancé.

Ce que cette page n’est pas. Aucune prévision de récession, aucune cause attribuée, aucun taux de réussite affiché, aucun conseil. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Avertissement : Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte des risques, y compris la perte possible du capital investi. Consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d'investissement. Avertissement sur les risques.

La règle testée, écrite avant le résultat

La règle appliquée ici est celle-ci, et elle est déclarée avant tout chiffre pour qu’on ne puisse pas l’ajuster après coup : la moyenne du taux de chômage sur le trimestre en cours et le précédent dépasse d’au moins 0,50 point le minimum des quatre trimestres antérieurs. Le seuil, la longueur de la moyenne et la longueur de la fenêtre de référence sont trois paramètres, et changer l’un d’eux change le résultat.

Sur la série française du taux de chômage au sens du Bureau international du travail, qui compte 206 trimestres du premier trimestre 1975 au deuxième trimestre 2026, la condition est remplie 64 fois. En regroupant les trimestres consécutifs, ou séparés d’au plus quatre trimestres, on obtient douze épisodes.

DébutFinTrimestres en alerteÉcart maximal, en pointsAnnée de recul du PIB associée
1976-T21976-T210,80Non
1977-T31979-T470,75Non
1981-T11982-T371,25Non
1984-T11985-T371,40Non
1991-T41994-T3121,30Oui, 1993
1996-T21997-T250,75Non
2003-T22004-T251,00Non
2006-T12006-T220,55Non
2009-T12010-T262,00Oui, 2009
2012-T32013-T350,95Non
2020-T42021-T341,45Oui, 2020
2025-T4en cours30,80Indéterminé

La dernière colonne est celle qui compte. Sur les onze épisodes achevés, trois seulement recouvrent une année où le PIB français a reculé : 1993, 2009 et 2020. Les huit autres — 1976, 1977-1979, 1981-1982, 1984-1985, 1996-1997, 2003-2004, 2006 et 2012-2013 — sont des faux positif au regard de ce critère. Et l’épisode de 1975, la quatrième année de recul, se situe avant le début exploitable de la règle, qui exige quatre trimestres d’historique.

Aucun taux de réussite n’est publié ici, et c’est délibéré. Un ratio de trois sur onze dépendrait entièrement du critère de référence choisi — année civile de recul plutôt que trimestres, PIB plutôt qu’emploi — et du seuil de 0,50 point. Ce qui est publiable, ce sont les douze épisodes datés, le critère de référence nommé, et la remarque que le premier est trois fois plus fréquent que le second.

L’épisode ouvert, et ce qu’on peut en dire

La dernière ligne du tableau décrit un épisode qui n’est pas terminé. La condition est remplie depuis le quatrième trimestre 2025, et l’écart atteint 0,80 point au deuxième trimestre 2026. Le taux de chômage est passé de 7,3 % au quatrième trimestre 2024 à 8,3 % au deuxième trimestre 2026, en six hausses consécutives.

Ce qu’on peut en dire s’arrête là. Trois des onze épisodes achevés ont accompagné une année de recul du PIB, huit non ; l’écart maximal de 0,80 point situe l’épisode en cours dans la moitié basse de la distribution des douze, entre les 0,75 de 1977-1979 et les 0,95 de 2012-2013, deux épisodes sans recul annuel. Rien dans ce rapprochement ne constitue une prévision, et cette page n’en tire aucune.

Ce qu’une datation officielle dit vraiment

Le seul organisme dont la datation fasse autorité pour un grand pays est le comité du National Bureau of Economic Research, et il ne couvre que les États-Unis. Son texte mérite d’être cité, parce qu’il détruit l’idée qu’une récession se reconnaît à une formule.

« The NBER’s definition emphasizes that a recession involves a significant decline in economic activity that is spread across the economy and lasts more than a few months. »

Le même document explique la méthode : les trois critères de profondeur diffusion durée sont traités comme partiellement interchangeables — chacun doit être satisfait à un certain degré, mais une valeur extrême sur l’un peut compenser une indication plus faible sur un autre. Autrement dit, il n’existe pas de seuil, pas de formule, et le jugement fait partie de la méthode déclarée.

La page indique aussi l’état de la chronologie : le dernier pic est daté de février 2020 et le dernier creux d’avril 2020. Aucune déclaration postérieure ne figure au 13 août 2026.

Le trou français, déclaré

Reste la question la plus directement utile à un lecteur français, et la réponse est un échec documenté. Il n’existe pas, dans les sources ouvertes ici, de datation officielle des récessions françaises : l’Insee publie des comptes trimestriels, pas une chronologie de cycles.

Pour la zone euro, une chronologie existe et n’a pas pu être lue. Les deux adresses ouvertes le 13 août 2026 — la page du comité de datation du Centre for Economic Policy Research et la chronologie hébergée par l’European Area Business Cycle Network — ont toutes deux répondu par un code HTTP 403, alors que la racine du premier site répondait normalement.

La conséquence est écrite plutôt que contournée : aucune date de récession française ou européenne n’apparaît sur cette page, et le seul repère employé pour juger les douze épisodes est celui que l’Insee permet de calculer, c’est-à-dire les années civiles où le PIB en volume a reculé. C’est un repère imparfait, et il est nommé comme tel.

Un dernier avertissement, valable pour tout signal fondé sur une donnée récente. La série américaine de croissance trimestrielle attribue aujourd’hui −1,0 % au premier trimestre 2022 et +0,6 % au deuxième. Deux valeurs négatives avaient été publiées à l’époque, et un délai de déclaration de plusieurs mois sépare de toute façon un retournement de son éventuelle reconnaissance. Un signal calculé sur des données révisables est lui-même révisable.

La durée des alertes, et ce qu’elle n’annonce pas

Les douze épisodes durent de 1 à 12 trimestres en alerte. Le plus long, de 1991 à 1994, en compte douze et recouvre effectivement une année de recul du PIB. Mais le deuxième plus long, de 1977 à 1979 avec sept trimestres, n’en recouvre aucune — pas plus que celui de 1984-1985, également à sept trimestres.

Autrement dit, la durée d’une alerte ne discrimine pas mieux que son existence. Les trois épisodes qui coïncident avec une année de recul comptent 12, 6 et 4 trimestres ; les huit qui n’en recouvrent aucune comptent 1, 7, 7, 7, 5, 5, 2 et 5 trimestres. Les deux distributions se chevauchent entièrement, et aucun seuil de durée ne les séparerait.

La profondeur ne fait pas mieux. L’épisode le plus intense, celui de 2009-2010, atteint 2,00 points et coïncide bien avec une année de recul ; mais celui de 1984-1985 atteint 1,40 point sans qu’aucune année ne recule, et celui de 2020-2021 atteint 1,45 point en accompagnant une année de recul. Ni la durée ni la profondeur ne transforment cette règle en instrument de décision, et il faut le dire avant de la citer.

Ce que ces sources ne disent pas

Comment refaire ce test vous-même

  1. Téléchargez la série 001688527 de l’Insee : 206 trimestres de taux de chômage depuis le premier trimestre 1975.
  2. Pour chaque trimestre à partir du sixième, calculez la moyenne du trimestre et du précédent, puis le minimum des quatre trimestres antérieurs.
  3. Comptez les trimestres où la différence atteint 0,50 point : 64. Regroupez-les en épisodes séparés de plus de quatre trimestres : douze.
  4. Téléchargez la série de niveau 011794860 et repérez les années civiles de recul du PIB : 1975, 1993, 2009 et 2020.
  5. Croisez les deux listes. Trois épisodes achevés sur onze recouvrent une année de recul.
  6. Changez le seuil de 0,50 à 0,75 point, puis à 0,30, et refaites le comptage. Le nombre d’épisodes bouge : c’est la démonstration que le paramètre fait partie du résultat.

Questions fréquentes

Une règle fondée sur le chômage détecte-t-elle bien les récessions françaises ?

Appliquée aux 206 trimestres de la série française, une règle simple — la moyenne du taux de chômage sur deux trimestres dépasse d’au moins un demi-point son minimum des quatre trimestres précédents — se déclenche 64 fois, regroupées en douze épisodes. Sur la même période, le PIB annuel français n’a reculé que quatre fois depuis 1949. Le signal se déclenche donc nettement plus souvent que l’événement qu’il est censé détecter.

Quels sont ces douze épisodes ?

1976, 1977-1979, 1981-1982, 1984-1985, 1991-1994, 1996-1997, 2003-2004, 2006, 2009-2010, 2012-2013, 2020-2021 et un épisode en cours depuis le quatrième trimestre 2025. Le plus intense est celui de 2009-2010, avec un écart maximal de 2,00 points ; le plus faible est celui de 2006, à 0,55 point.

Un signal en cours signifie-t-il qu’une récession commence ?

Non, et cette page ne le dit pas. L’épisode ouvert depuis le quatrième trimestre 2025 atteint 0,80 point au deuxième trimestre 2026. Sur les onze épisodes achevés, plusieurs ne correspondent à aucune année de recul du PIB, notamment ceux de 1984-1985, 1996-1997, 2006 et 2012-2013. Un dépassement de seuil est un dépassement de seuil.

Comment le National Bureau of Economic Research définit-il une récession ?

Son site écrit qu’une récession implique « a significant decline in economic activity that is spread across the economy and lasts more than a few months », et que le comité traite les trois critères — profondeur, diffusion et durée — comme partiellement interchangeables : un critère extrême peut compenser un autre plus faible. Ce n’est pas une formule mécanique, et c’est écrit comme tel.

Existe-t-il une datation officielle pour la France ou la zone euro ?

Aucune n’a pu être lue pour cette page. Le National Bureau of Economic Research ne date que les cycles américains. Les deux adresses ouvertes le 13 août 2026 pour obtenir la chronologie de la zone euro — le comité de datation du Centre for Economic Policy Research et l’European Area Business Cycle Network — ont répondu par un code HTTP 403. Aucune date de récession française ou européenne n’est donc citée ici.

Le PIB américain de 2022 a-t-il connu deux trimestres négatifs ?

Plus aujourd’hui. La série lue le 13 août 2026 attribue −1,0 % au premier trimestre 2022 et +0,6 % au deuxième, en taux annualisé. Deux valeurs négatives avaient été publiées à l’époque. Les révisions en ont effacé une, ce qui montre qu’un signal fondé sur le signe d’un chiffre récent est réversible.

Cette page annonce-t-elle une récession ?

Non. Elle applique des règles déclarées à des séries publiées et publie leurs comptages. Aucune source ouverte ici ne contient de projection. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Où aller ensuite

Sources ouvertes pour cette page

Séries et documents ouverts le 13 août 2026, comptages refaits le même jour sur la totalité des trimestres.

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