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Ce que coûte le risque, en points, sur quarante ans — et la série que sa source a raccourcie

Un spread de crédit est une soustraction : le rendement d’une obligation d’entreprise moins celui d’un emprunt d’État de même durée. Cette page en prend le représentant le mieux documenté au monde — l’écart entre les obligations notées Baa et le Trésor américain à dix ans — et le recompte sur ses 10 151 journées de cotation depuis 1986 : moyenne, extrêmes, fréquence des niveaux élevés, répartition par décennie. Elle raconte ensuite un accident de source qui rend une autre statistique impossible à produire, et termine par l’écart souverain qui concerne directement un épargnant français.

Où cela s’applique, jusqu’à quand, et ce que cette page n’est pas

Où. Les États-Unis pour l’écart d’entreprise, la France et l’Allemagne pour l’écart souverain. Aucun écart de crédit d’entreprise européen n’est publié ici : la série correspondante n’a pas été ouverte à sa source.

Jusqu’à quand. Séries téléchargées le 13 août 2026. Dernière journée de l’écart américain : 10 août 2026. Dernier mois de l’écart souverain : juillet 2026.

Ce que cette page n’est pas. Aucune prévision, aucune interprétation d’un écart comme mesure de risque systémique, aucun conseil. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal, ne détient aucune position et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Avertissement : Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte des risques, y compris la perte possible du capital investi. Consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d'investissement. Avertissement sur les risques.

Quarante ans d’écart, recomptés

La série commence le 2 janvier 1986 et compte 10 151 journées portant une valeur. Voici ce qu’elle contient, calculé sur la totalité de ces journées :

Ce dernier comptage mérite d’être développé, parce qu’il localise les crises sans avoir besoin de les nommer. Les 176 journées à 4 points ou plus sont toutes comprises entre le 29 septembre 2008 et le 26 mars 2020. En quarante ans, l’écart n’a franchi ce seuil que dans deux fenêtres. C’est une information sur la rareté, et elle n’exige aucune interprétation causale.

Cinq périodes, cinq moyennes

PériodeJournéesÉcart moyenMaximum
1986-19891 0002,1413,16
Années 19902 5031,8242,77
Années 20002 5002,6436,16
Années 20102 5002,5873,63
Depuis 20201 6481,9614,31

La décennie la plus calme est celle des années 1990, avec une moyenne de 1,824 point et un maximum qui ne dépasse jamais 2,77 — c’est-à-dire que son pire jour reste en dessous de la moyenne des années 2000. Les années 2000 et 2010 se ressemblent en moyenne, 2,643 et 2,587, mais pas du tout en amplitude : 6,16 contre 3,63. Deux décennies peuvent avoir presque la même moyenne et des extrêmes distants de deux points et demi, ce qui suffit à disqualifier la moyenne comme description d’une période.

Une série tronquée, et une statistique devenue impossible

Le deuxième écart que tout commentaire sur le crédit cite est celui des obligations d’entreprise à haut rendement. Cette page ne le publie pas sur longue période, et la raison est un accident de source qui mérite d’être documenté.

Au 13 août 2026, la série correspondante diffusée par la Réserve fédérale de Saint-Louis contient 786 observations, dont la première est datée du 14 août 2023. Trois ans exactement. Ses extrêmes sur cette fenêtre sont 4,61 points le 7 avril 2025 et 2,59 points le 22 janvier 2025, et sa dernière valeur est 2,72 points au 11 août 2026.

Une fenêtre de trois ans ne permet ni moyenne de longue période, ni comparaison de décennies, ni situation d’un niveau actuel dans une histoire. Elle ne permet même pas de savoir si 2,72 est bas ou haut. Le choix fait ici est donc de publier ce que la série contient — quatre nombres et une longueur — et de dire explicitement qu’aucune statistique de long terme n’en sort. Chercher ces chiffres ailleurs, chez un agrégateur, aurait donné des nombres sans provenance vérifiable ; c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire.

L’écart qui concerne un épargnant français

Il existe un écart plus proche, et beaucoup moins commenté : celui entre deux États de la même monnaie. La Banque centrale européenne publie chaque mois le rendement de long terme des emprunts souverains retenu pour le critère de convergence. Les séries française et allemande se recouvrent sur 439 mois, depuis janvier 1990.

MoisÉcart France − Allemagne, en pointsRemarque
janvier 19901,91Maximum de la série franco-allemande
janvier 1994−0,13Minimum ; la France emprunte moins cher que l’Allemagne
juillet 20260,78Dernière observation ; moyenne de la série : 0,393

Deux faits en sortent, et aucun n’est intuitif. Le premier : l’écart a été négatif dans 19 des 439 mois, c’est-à-dire que la France a emprunté à dix ans moins cher que l’Allemagne dans un mois sur vingt-trois. Le second : l’écart actuel de 0,78 point vaut environ le double de la moyenne de longue période, 0,393 point.

Un point de comparaison italien achève le tableau. L’écart entre l’Italie et l’Allemagne a atteint 6,949 points en octobre 1992 ; en juillet 2026 il vaut 0,811 point, soit trois centièmes de plus que l’écart français. Sur cette mesure et à cette date, les deux pays sont à la même distance de l’Allemagne. C’est une observation datée, et rien de plus : aucune tendance n’est extrapolée.

Où se situe l’écart d’aujourd’hui

Un niveau ne veut rien dire sans son rang dans la série. L’écart du 10 août 2026, 1,62 point, a été dépassé par le bas dans 1 337 journées sur 10 151, soit 13,2 % de l’histoire de la série. Autrement dit, l’écart de crédit américain a été plus faible qu’aujourd’hui environ un jour sur huit depuis 1986.

Ces 1 337 journées ne sont pas concentrées : la première est datée du 16 octobre 1987 et la dernière du 6 août 2026. Le niveau actuel n’est donc ni un record de compression ni une valeur banale ; il se situe dans le premier huitième de la distribution, ce qui est une information beaucoup plus utile que « l’écart est bas ».

La comparaison avec la moyenne le confirme sans la remplacer : 1,62 contre 2,267 de moyenne, soit 0,65 point en dessous. Les deux lectures — l’écart à la moyenne et le rang dans la distribution — disent la même chose ici, mais ce n’est pas toujours le cas sur une série asymétrique, et publier les deux coûte une ligne.

Les trois périodes de tension prolongée

Les 1 279 journées où l’écart atteint ou dépasse trois points ne sont pas dispersées : elles forment des blocs. Les trois plus longs sont datables au jour près. Le premier court du 26 juin 2008 au 3 août 2009 et compte 276 journées consécutives au-dessus du seuil. Le deuxième va du 31 octobre 2011 au 3 octobre 2012, avec 234 journées. Le troisième va du 18 juin 2002 au 20 mars 2003, avec 189 journées.

Ces trois blocs totalisent 699 journées, soit 55 % de l’ensemble des journées au-dessus de trois points. Un écart de crédit élevé n’est donc pas un événement d’un jour : quand il franchit ce seuil, il y reste typiquement plusieurs centaines de séances. C’est une propriété de persistance, et elle se mesure sans recourir à la moindre théorie.

Une réserve de lecture s’impose néanmoins. Le seuil de trois points est un choix fait ici, ni consacré ni publié par la source ; le déplacer changerait la longueur des blocs et leur nombre. Comme partout dans ce dossier, le paramètre est écrit à côté du résultat pour que le lecteur sache quelle part de la conclusion lui revient.

Ce que ces sources ne disent pas

Comment vérifier vous-même

  1. Téléchargez la série BAA10Y de la Réserve fédérale de Saint-Louis. Elle doit contenir 10 151 journées valuées depuis le 2 janvier 1986.
  2. Calculez sa moyenne : 2,267 points. Cherchez son maximum, 6,16 le 4 décembre 2008, et son minimum, 1,16 le 20 mars 1989.
  3. Comptez les journées à 3 points ou plus : 1 279. Puis à 4 points ou plus : 176, toutes entre septembre 2008 et mars 2020.
  4. Téléchargez la série BAMLH0A0HYM2 et comptez ses lignes. Vous devez en trouver 786, la première datée du 14 août 2023.
  5. Téléchargez les rendements de convergence français et allemand et soustrayez-les. Sur 439 mois, 19 différences sont négatives et la moyenne vaut 0,393 point.
  6. Faites le même calcul pour l’Italie contre l’Allemagne : maximum 6,949 en octobre 1992, dernière valeur 0,811 en juillet 2026.

Questions fréquentes

Que vaut aujourd’hui l’écart entre obligations d’entreprise et emprunts d’État ?

L’écart entre le rendement des obligations d’entreprise notées Baa par Moody’s et le rendement du Trésor américain à dix ans vaut 1,62 point de pourcentage au 10 août 2026. Sur les 10 151 journées de cotation depuis le 2 janvier 1986, sa moyenne est de 2,267 points : l’écart actuel est donc nettement inférieur à sa moyenne de longue période.

Quels sont les extrêmes de cette série ?

Le maximum est de 6,16 points le 4 décembre 2008 et le minimum de 1,16 point le 20 mars 1989. L’amplitude totale est donc de 5 points, pour une série dont la moyenne vaut 2,267. Un écart de crédit varie beaucoup plus, en proportion, que le rendement souverain dont il se déduit.

Un écart élevé est-il fréquent ?

Un écart d’au moins 3 points s’observe 1 279 jours sur 10 151, soit 12,6 % du temps, entre le 16 avril 1986 et le 3 juin 2020. Un écart d’au moins 4 points est bien plus rare : 176 jours seulement, tous compris entre le 29 septembre 2008 et le 26 mars 2020.

Pourquoi ne trouve-t-on pas ici l’écart des obligations à haut rendement sur longue période ?

Parce que la source l’a amputée. La série d’écart des obligations à haut rendement diffusée par la Réserve fédérale de Saint-Louis ne contient plus, au 13 août 2026, que 786 observations, dont la première est datée du 14 août 2023 : trois ans d’historique. Toute statistique de long terme sur cet indicateur est donc impossible à produire avec cette source, et aucune n’est publiée ici.

Et pour la zone euro ?

Cette page emploie l’écart entre les rendements souverains français et allemand à dix ans, publié mensuellement par la Banque centrale européenne. Il vaut 0,78 point en juillet 2026, contre une moyenne de 0,393 point sur les 439 mois disponibles depuis janvier 1990. Son maximum est 1,91 point en janvier 1990 et son minimum −0,13 point en janvier 1994.

Un écart souverain mesure-t-il le risque systémique ?

Aucune des sources ouvertes ici ne le prétend, et cette page non plus. Un écart est une différence entre deux rendements observés. Ce que cette différence mesure — risque de défaut, prime de liquidité, autre chose — n’est pas indiqué par le producteur des données et n’est donc pas affirmé ici.

Cette page prévoit-elle un élargissement des écarts ?

Non. Toutes les valeurs décrivent des journées passées. Aucune source ouverte ici ne contient de projection. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal, ne détient aucune position obligataire et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Où aller ensuite

Sources ouvertes pour cette page

Séries téléchargées le 13 août 2026, comptages refaits le même jour sur la totalité des observations.

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