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La déflation française tient en douze lignes, et les voici toutes

On parle beaucoup du risque de baisse des prix et très peu de sa fréquence réelle. Elle est pourtant comptable : l’Insee publie un glissement annuel de l’indice des prix chaque mois, et il suffit de compter les valeurs négatives. Sur trente ans, il y en a douze. Cette page les publie une par une, avec leurs dates, leur profondeur et leur regroupement, puis prend le problème par l’autre bout — combien vaut aujourd’hui l’argent d’hier — et compare enfin la France à ses trois grands voisins sur le mois le plus récent.

Où cela s’applique, jusqu’à quand, et ce que cette page n’est pas

Où. La France, à travers l’indice national de l’Insee pour la partie historique, et cinq zones — France, Allemagne, Italie, Espagne et zone euro — à travers l’indice harmonisé d’Eurostat pour la seule comparaison de juillet 2026. Aucun autre pays n’est décrit.

Jusqu’à quand. Séries téléchargées le 13 août 2026. Dernier mois français : juillet 2026, valeur provisoire. Dernière mise à jour déclarée par Eurostat : 31 juillet 2026. Une valeur provisoire peut changer ; une valeur de 2009 ne changera plus.

Ce que cette page n’est pas. Aucune prévision d’inflation, aucune cause attribuée à un mouvement de prix, aucun conseil de placement. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Avertissement : Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte des risques, y compris la perte possible du capital investi. Consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d'investissement. Avertissement sur les risques.

Les douze mois négatifs, tous

Voici l’intégralité des mois où le glissement annuel de l’indice des prix français a été négatif entre janvier 1997 et juillet 2026. Il n’y a pas de sélection : ce sont les douze, sur 355 observations.

MoisGlissement annuel
mai 2009−0,2 %
juin 2009−0,5 %
juillet 2009−0,7 %
août 2009−0,2 %
septembre 2009−0,4 %
octobre 2009−0,2 %
janvier 2015−0,4 %
février 2015−0,3 %
mars 2015−0,1 %
février 2016−0,2 %
mars 2016−0,1 %
avril 2016−0,2 %

Trois observations tombent d’elles-mêmes de cette table. La première : les douze mois forment trois blocs et non douze événements isolés — six mois consécutifs en 2009, trois au début de 2015, trois au début de 2016. La deuxième : aucune valeur ne descend en dessous de −0,7 %, atteint en juillet 2009. La troisième : deux des trois blocs sont séparés de moins d’un an, ce qui rend leur comptage sensible à la même question de règle que les inversions de courbe.

À ces douze mois il faut ajouter six mois à exactement 0,0 % : août, septembre et novembre 2015, mai 2016, septembre et décembre 2020. Un zéro n’est pas une baisse, mais il n’est pas non plus une hausse : dix-huit mois sur 355, soit 5,1 % de la période, se sont déroulés sans hausse annuelle des prix.

Le symétrique mérite d’être écrit dans la même phrase pour éviter tout effet de perspective : le maximum de la série est +6,3 % en février 2023, la moyenne des 355 mois vaut 1,59 % et la médiane 1,40 %. Le plus long bloc de mois strictement positifs dure 148 mois, de janvier 1997 à avril 2009 : plus de douze ans sans un seul mois de baisse.

Quatre décennies, quatre régimes

En regroupant les 355 mois par décennie, on obtient quatre moyennes qui ne se ressemblent pas et qui expliquent pourquoi deux personnes peuvent avoir une expérience opposée du même pays. Les trente-six mois disponibles pour la fin des années 1990 donnent une moyenne de 0,80 %. Les cent vingt mois des années 2000 donnent 1,73 %, ceux des années 2010 1,12 %, et les soixante-dix-neuf mois écoulés depuis janvier 2020 2,45 %.

La décennie 2010 contient six des douze mois négatifs et son maximum ne dépasse pas 2,5 % : une décennie entière sans un seul mois au-dessus de deux et demi. Les années 2020, elles, contiennent le maximum absolu de la série et n’ont connu aucun mois négatif — leur plancher est un zéro. Une personne entrée dans la vie active en 2010 a donc connu une inflation en France dont l’expérience ne prépare en rien à celle des cinq dernières années, et réciproquement.

Deux comptages supplémentaires cadrent l’épisode récent sans le raconter. Le glissement annuel a été supérieur ou égal à 5 % pendant treize mois, de mai 2022 à mai 2023 inclus — l’intégralité des mois à ce niveau depuis 1997. Et il a été supérieur ou égal à 2 % dans 106 mois sur 355, soit 29,9 % de la période : moins d’un tiers du temps.

Personne ne définit le mot

Une question évidente se pose devant cette table : douze mois négatifs, est-ce une déflation ? La réponse honnête est qu’aucune des sources ouvertes pour cette page ne le dit. L’Insee publie des indices et des taux ; Eurostat publie les mêmes objets pour cinq zones. Ni l’un ni l’autre n’attache au mot « déflation » une durée minimale, un seuil de profondeur ou un critère de généralité.

C’est pourquoi cette page ne tranche pas. Elle publie ce qui est vérifiable — trois blocs, six mois pour le plus long, sept dixièmes de point pour le plus profond, 3,4 % des mois observés — et laisse le mot à qui voudra l’employer. Écrire « la France a connu la déflation en 2009 » n’est pas faux au sens du signe, mais cela reste une qualification, pas une mesure, et les deux ne doivent pas se confondre dans une même phrase.

Le pouvoir d’achat de mille euros, calcul posé

Les taux annuels disent peu de chose sur trente ans. Le niveau de l’indice, lui, dit tout, et le calcul tient en une division. L’indice des prix à la consommation français en base 2025 vaut 62,81 en janvier 1996 et 102,68 en juillet 2026.

Une précision de champ, qui limite l’usage de ces trois nombres : l’indice décrit un panier moyen sur l’ensemble des ménages. Il ne décrit le panier de personne en particulier, et rien dans les fichiers lus ici ne permet d’en construire un pour un ménage donné. Un locataire parisien et un propriétaire rural n’ont pas la même exposition aux mêmes postes, et l’indice ne le dit pas.

Juillet 2026 : cinq zones, cinq chiffres

Pour comparer des pays il faut un indice construit selon la même règle, et c’est le rôle de l’indice harmonisé publié par Eurostat. Voici le taux annuel de juillet 2026, tel qu’il figure dans le jeu de données mis à jour le 31 juillet 2026.

ZoneTaux annuel, juillet 2026
France2,4 %
Allemagne2,8 %
Italie2,9 %
Espagne3,8 %
Zone euro2,9 %

Un point et quatre dixièmes séparent la France de l’Espagne le même mois, sous la même monnaie et avec la même méthode d’indice. Une remarque de cohérence s’impose au passage : le 2,4 % attribué ici à la France est l’indice harmonisé, alors que tous les chiffres des sections précédentes viennent de l’indice national, qui donne 2,1 % pour le même mois. Les deux sont exacts, ils ne mesurent pas la même chose, et il ne faut jamais les mettre dans la même colonne sans le dire. Une phrase comme « l’inflation en zone euro est de 2,9 % » est donc exacte et, prise seule, trompeuse pour un lecteur français : elle décrit une moyenne dont son pays est, ce mois-là, le point le plus bas parmi les quatre plus grandes économies.

Il faut ajouter un avertissement de source. Le même agrégat de la zone euro, demandé au portail de données de la Banque centrale européenne, répond sans erreur et s’arrête à décembre 2025, à 1,9 %, avec 348 observations. Deux portails officiels, deux états de fraîcheur pour le même indice, et rien dans la réponse la plus ancienne n’indique qu’elle l’est.

Ce que ces sources ne disent pas

Comment vérifier vous-même

  1. Téléchargez la série 011814632 de l’Insee, le glissement annuel de l’indice des prix en base 2025. Elle doit contenir 355 observations depuis janvier 1997.
  2. Comptez les valeurs strictement négatives : douze, la plus basse étant juillet 2009 à −0,7 %. Puis les valeurs exactement nulles : six.
  3. Calculez la moyenne et la médiane des 355 valeurs : 1,59 % et 1,40 %.
  4. Prenez la série d’indice 011814630 et divisez la valeur de juillet 2026 par celle de janvier 1996 : 102,68 sur 62,81 donne 1,635.
  5. Inversez la division pour obtenir 0,6117, c’est-à-dire les 611,71 euros de pouvoir d’achat résiduel.
  6. Interrogez Eurostat sur l’indice harmonisé pour FR, DE, IT, ES et EA en juillet 2026. Vous devez lire 2,4 ; 2,8 ; 2,9 ; 3,8 et 2,9.

Questions fréquentes

La France a-t-elle déjà connu la déflation ?

Sur les 355 glissements annuels de l’indice des prix à la consommation publiés par l’Insee de janvier 1997 à juillet 2026, douze sont négatifs. Ils se répartissent en trois blocs : six mois consécutifs de mai à octobre 2009, trois de janvier à mars 2015, et trois entre février et avril 2016. Le minimum de la série est −0,7 % en juillet 2009. Six autres mois affichent exactement 0,0 %.

Douze mois négatifs, cela fait-il une déflation ?

Aucune des sources ouvertes pour cette page ne donne de définition chiffrée de la déflation — ni durée minimale, ni seuil. Ce qui est publiable, c’est le décompte : 3,4 % des mois observés portent une valeur négative, le plus long bloc dure six mois, et la valeur la plus basse est de sept dixièmes de point sous zéro. Chacun peut décider si cela mérite le mot ; cette page fournit les nombres et pas l’étiquette.

Quelle est l’inflation moyenne française depuis 1997 ?

La moyenne des 355 glissements annuels est de 1,59 % et leur médiane de 1,40 %. La moyenne est tirée vers le haut par l’épisode de 2022-2023, dont le sommet est +6,3 % en février 2023 ; la médiane, moins sensible aux extrêmes, est inférieure de deux dixièmes.

Combien vaut aujourd’hui l’argent de 1996 ?

L’indice des prix à la consommation français en base 2025 vaut 62,81 en janvier 1996 et 102,68 en juillet 2026, soit une hausse cumulée de 63,5 % sur trente ans et demi. Mille euros de janvier 1996 achètent donc, en juillet 2026, ce que 611,71 euros achetaient alors ; et il faut 1 634,77 euros de 2026 pour acheter ce que mille euros achetaient en 1996.

L’inflation française est-elle la même que celle de la zone euro ?

Non, et l’écart de juillet 2026 est net. Eurostat publie, pour cet indice harmonisé mis à jour le 31 juillet 2026 : 2,4 % pour la France, 2,8 % pour l’Allemagne, 2,9 % pour l’Italie, 3,8 % pour l’Espagne et 2,9 % pour la zone euro. La France est la plus basse des quatre grandes économies ce mois-là.

Combien de temps l’inflation française est-elle restée positive sans interruption ?

Le plus long bloc de mois strictement positifs court sur 148 mois, de janvier 1997 à avril 2009, soit plus de douze ans. Le deuxième plus long compte 67 mois à partir de janvier 2021, et le troisième 62 mois à partir de novembre 2009.

Cette page dit-elle si les prix vont baisser ?

Non. Toutes les valeurs citées décrivent des mois écoulés. Aucune source ouverte ici ne contient de projection. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Où aller ensuite

Sources ouvertes pour cette page

Séries téléchargées le 13 août 2026, comptages refaits le même jour sur la totalité des observations.

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