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Qu'est-ce que MultiversX (EGLD) ? Histoire d'une blockchain européenne
MultiversX, connu jusqu'en 2022 sous le nom d'Elrond, est une blockchain de première couche fondée en 2017-2018 par les frères Beniamin et Lucian Mincu avec Lucian Todea, à la tête d'une équipe établie en Roumanie — ce qui en fait l'un des projets blockchain d'envergure les plus emblématiques du continent européen. L'ambition initiale du projet était de résoudre le problème de la montée en charge des blockchains publiques : offrir un débit de transactions élevé et des frais très faibles sans sacrifier la sécurité ni la décentralisation, grâce à une technique de partitionnement du réseau appelée « adaptive state sharding ». Le réseau principal a été lancé en juillet 2020, accompagné d'une redénomination du jeton ERD en EGLD (eGold), à l'offre maximale strictement plafonnée par le protocole. Fin 2022, Elrond est devenu MultiversX, un changement de nom traduisant un élargissement stratégique au-delà de la seule infrastructure : portefeuille grand public xPortal, échange décentralisé xExchange, et chaînes souveraines destinées aux entreprises et institutions souhaitant déployer leurs propres réseaux adossés à la technologie MultiversX.
Comment fonctionne MultiversX techniquement ? Sharding adaptatif et Secure Proof of Stake
L'innovation centrale de MultiversX est son « adaptive state sharding », qui combine les trois formes connues de partitionnement d'une blockchain : partitionnement de l'état (chaque fragment du réseau ne conserve qu'une partie des comptes et contrats), des transactions (traitées en parallèle par des fragments différents) et du réseau (les nœuds sont répartis en groupes de communication distincts). Le nombre de fragments s'ajuste à la demande, ce qui permet d'augmenter la capacité en période de forte activité, les fragments étant coordonnés par une chaîne pivot appelée Metachain. La sécurité repose sur un mécanisme de consensus « Secure Proof of Stake » : les validateurs immobilisent des EGLD pour participer, et leur affectation aux fragments est régulièrement remélangée de façon aléatoire afin d'empêcher la collusion au sein d'un fragment. L'EGLD sert à la fois d'actif de staking, de moyen de paiement des frais de transaction et de jeton de gouvernance ; son offre maximale est plafonnée, l'émission de nouveaux jetons diminuant à mesure que les frais de transaction prennent le relais dans la rémunération des validateurs. Les détenteurs peuvent déléguer leurs EGLD à des validateurs pour percevoir une part des récompenses de staking sans opérer eux-mêmes de nœud.
MultiversX face à la concurrence des blockchains de première couche
MultiversX évolue sur le segment le plus disputé du secteur : celui des blockchains généralistes à haut débit, où il affronte Solana, Avalanche, Aptos, Sui et les nombreuses solutions de seconde couche d'Ethereum qui offrent des frais comparables en héritant de la sécurité du réseau principal. Sur le plan technique, son sharding adaptatif est une réponse élégante au problème de montée en charge, mais l'expérience du secteur montre que la supériorité technologique ne suffit pas : l'effet de réseau — développeurs actifs, applications phares, liquidité disponible — reste le facteur décisif, et l'écosystème applicatif de MultiversX demeure plus modeste que ceux d'Ethereum ou de Solana. Le projet se distingue en revanche par son ancrage européen, sa proximité avec les régulateurs du continent et sa stratégie orientée vers les institutions et les États via les chaînes souveraines, un positionnement potentiellement porteur à l'heure où le règlement MiCA structure le marché européen des cryptoactifs. Le portefeuille xPortal, pensé comme une « super-application » financière grand public, illustre la volonté du projet de toucher l'utilisateur final au-delà des seuls initiés.
Risques d'un investissement dans EGLD
Le premier risque est concurrentiel : le marché des blockchains de première couche est saturé de projets bien financés, et rien ne garantit que MultiversX parvienne à attirer la masse critique de développeurs et d'applications nécessaire pour justifier durablement sa valorisation. Le deuxième risque tient à la dépendance de l'écosystème à l'équipe fondatrice et à la fondation du projet, dont les choix stratégiques — comme le changement de nom de 2022 ou l'orientation vers les chaînes souveraines — pèsent lourdement sur la trajectoire. Troisièmement, l'activité applicative sur le réseau reste concentrée sur un nombre limité de protocoles, ce qui rend la demande organique d'EGLD sensible au succès de quelques applications. Quatrièmement, comme pour tout actif du secteur, le cours de l'EGLD est étroitement corrélé aux cycles d'ensemble du marché des cryptoactifs et peut connaître des amplitudes de variation extrêmes. Enfin, l'évolution du cadre réglementaire européen, si elle peut favoriser un projet ancré dans l'Union européenne, impose aussi des obligations de conformité dont le coût pèse sur l'ensemble du secteur.
Investir dans EGLD depuis la France — achat, portefeuilles et fiscalité
L'EGLD est disponible sur les principales plateformes d'échange enregistrées comme prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) auprès de l'AMF, telles que Binance, Kraken ou Crypto.com, ainsi que sur certains courtiers européens. La conservation peut se faire sur le portefeuille officiel xPortal, qui intègre également les fonctions de staking par délégation, ou sur un portefeuille matériel compatible pour une sécurité maximale des clés privées. Fiscalement, le régime français des actifs numériques s'applique : les plus-values réalisées par les particuliers lors de la conversion d'EGLD en euros sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux) prévu à l'article 150 VH bis du Code général des impôts, avec exonération lorsque le total des cessions de l'année n'excède pas 305 euros et option possible pour le barème progressif si celui-ci est plus favorable. Les échanges entre cryptoactifs ne déclenchent pas d'imposition en France, et les récompenses de staking n'entrent dans le calcul qu'au moment de leur conversion en euros. Les comptes détenus sur des plateformes établies à l'étranger doivent être déclarés chaque année via le formulaire n° 3916-bis, sous peine d'amende.
FAQ — Foire Aux Questions
Qu'est-ce que MultiversX (EGLD) ?▼
Pourquoi Elrond est-il devenu MultiversX ?▼
Qu'est-ce que l'adaptive state sharding ?▼
L'offre d'EGLD est-elle limitée ?▼
Peut-on faire du staking d'EGLD ?▼
Comment acheter de l'EGLD depuis la France ?▼
Comment les gains sur EGLD sont-ils imposés en France ?▼
Quels sont les principaux risques d'un investissement dans EGLD ?▼
Acheter et détenir des cryptomonnaies en France — l'essentiel pour l'investisseur
Investir dans les cryptomonnaies depuis la France s'inscrit désormais dans le cadre du règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) et sous la supervision de l'AMF. Les sections suivantes résument l'essentiel : régulation, fiscalité, critères d'évaluation et conservation. Elles s'appliquent à tout crypto-actif, y compris celui présenté sur cette page.
Régulation : AMF et MiCA
En France, les prestataires de services sur actifs numériques doivent être enregistrés — et pour certains services agréés — auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Le règlement européen MiCA harmonise désormais les règles dans toute l'UE : agrément des plateformes, livre blanc obligatoire pour les émetteurs, règles de conduite et encadrement des stablecoins. Avant d'ouvrir un compte, il est prudent de vérifier l'enregistrement du prestataire sur le site de l'AMF, qui publie également une liste noire des sites non autorisés.
Fiscalité : le prélèvement forfaitaire unique
Pour les particuliers, les plus-values de cession d'actifs numériques sont imposées au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % — 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux — dès lors que le total des cessions de l'année dépasse le seuil légal d'exonération. Point important du régime français : l'échange entre crypto-actifs (crypto contre crypto) bénéficie du sursis d'imposition ; c'est la conversion en euros ou l'achat d'un bien qui déclenche l'imposition. Les comptes détenus sur des plateformes étrangères doivent être déclarés. Pour les situations particulières, la référence reste la Direction générale des Finances publiques ou un conseiller fiscal.
Comment évaluer un crypto-actif
Quatre indicateurs donnent l'aperçu le plus rapide : la capitalisation boursière (prix × offre en circulation) situe la taille du projet ; le volume d'échange quotidien mesure la liquidité réelle ; la tokenomics (offre maximale, calendrier d'émission, part détenue par les initiés) détermine le risque de dilution ; et le livre blanc, combiné à l'activité des développeurs, révèle si un projet réel existe derrière le jeton. Les actifs à faible capitalisation et faible volume subissent des variations bien plus fortes et peuvent être difficiles à revendre en période de tension sans décote importante.
Conservation et risque
Côté conservation, la règle de base : les cryptomonnaies laissées sur une plateforme constituent une créance sur cette plateforme ; celles conservées dans un portefeuille personnel sont une possession directe. Les portefeuilles matériels (cold storage) réduisent le risque de piratage de plateforme, mais transfèrent à l'investisseur l'entière responsabilité de la phrase de récupération. Quelle que soit la méthode, les cryptomonnaies restent une classe d'actifs extrêmement volatile : des baisses de plus de 50 % se sont produites à plusieurs reprises. Une règle prudente consiste à n'investir que des sommes dont la perte totale serait supportable.
Glossaire rapide
- Capitalisation boursière
- Prix du jeton multiplié par l'offre en circulation — l'indicateur le plus courant pour situer la taille d'un projet crypto.
- Stablecoin
- Jeton dont la valeur est adossée à une référence comme le dollar ; MiCA impose à ses émetteurs des réserves strictes.
- Cold wallet
- Conservation des clés privées hors ligne, par exemple sur un support matériel — protège du piratage, pas de la perte de la phrase de récupération.
- Frais de réseau (gas)
- Coût des transactions sur une blockchain ; il varie avec la congestion et peut rendre les petites opérations non rentables.
- Tokenomics
- Les règles économiques d'un jeton : offre maximale, calendrier d'émission, distribution — déterminantes pour le risque de dilution.
- Liquidité
- Vitesse à laquelle un actif s'achète ou se vend sans écart de prix important ; mesurée par le volume quotidien.
Ce contenu est fourni à des fins exclusivement pédagogiques et ne constitue ni un conseil en investissement ni un conseil fiscal. Les cryptomonnaies sont hautement volatiles ; les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision d'investissement.