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Forex et bourse : ce que la règle exige, et ce que les séries montrent

Comparer le marché des changes et le marché des actions se fait presque toujours par des adjectifs. Il existe deux façons de le faire par des nombres. La première est juridique : un même texte européen fixe, pour un contrat à effet de levier, une marge initiale différente selon le sous-jacent, et l’écart entre les deux est un facteur six. La seconde est statistique : on prend deux séries de prix publiques, on ne garde que les intervalles présents dans les deux et de même durée, et on mesure. Cette page fait les deux, et les deux résultats ne pointent pas dans la même direction — ce qui est l’information principale.

Où cela s’applique, jusqu’à quand, et ce que cette page n’est pas

Où. Les pourcentages de marge viennent d’une décision de l’Autorité européenne des marchés financiers, applicable à partir du 1er août 2018 et temporaire par son propre article 4 ; ce point est traité en détail dans la page consacrée au levier. Ils concernent des contrats à effet de levier vendus à des clients de détail, et non l’achat d’une action au comptant ni la détention d’un dépôt en devises. Les mesures statistiques, elles, n’ont aucune juridiction.

Jusqu’à quand. Le texte européen a été ouvert le 13 août 2026 dans sa version française publiée au Journal officiel de l’Union européenne du 1er juin 2018. La série de change s’arrête au 12 août 2026 ; la série d’actions conservée par ce site a été lue le 11 août 2026 et sa dernière clôture est datée du 5 août 2026.

Ce que cette page n’est pas. Aucune comparaison de taille de marché, aucun produit nommé, aucun coût, aucune recommandation de préférer l’un à l’autre. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, ne détient aucune position de change ni aucune action, et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Avertissement : Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte des risques, y compris la perte possible du capital investi. Consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d'investissement. Avertissement sur les risques.

Ce que la règle demande, sous-jacent par sous-jacent

L’annexe I de la décision (UE) 2018/796 s’intitule « pourcentages de marge initiale par type de sous-jacent » et tient en cinq points. Le pourcentage s’applique à la valeur notionnelle du contrat, et non à un multiplicateur : c’est la somme qu’un client de détail doit déposer pour ouvrir la position. Le ratio que le langage commercial emploie n’est que l’inverse de ce pourcentage.

Sous-jacentMarge initialeExposition maximale par euro déposéMouvement défavorable déclenchant la clôture
Paire de deux devises de la liste des six3,33 %30,03 pour 11,665 %
Paire comportant une devise hors liste, ou l’or5 %20 pour 12,5 %
Indice d’actions figurant sur la liste nommée5 %20 pour 12,5 %
Indice hors liste, ou matière première autre que l’or10 %10 pour 15 %
Action, ou tout sous-jacent non mentionné ailleurs20 %5 pour 110 %
Cryptomonnaie50 %2 pour 125 %

La troisième colonne est un quotient : 1 ÷ 0,0333 = 30,03, et non le nombre rond de 30 que l’on lit partout. La quatrième vient d’un autre article : la clôture des positions ouvertes, définie à l’article 1er, point e), intervient lorsque les fonds et les gains nets latents tombent sous la moitié de la marge initiale totale. Le mouvement qui déclenche la clôture est donc toujours la moitié du pourcentage de la deuxième colonne.

Une ligne intéresse particulièrement un lecteur français. L’annexe I, point b), i), nomme dix indice d’actions qui bénéficient du taux de 5 % : le FTSE 100, la « cotation assistée en continu 40 », c’est-à-dire le CAC 40, le DAX 30, le Dow Jones Industrial Average, le S&P 500, le NASDAQ Composite, le NASDAQ 100, le Nikkei 225, l’ASX 200 et l’EURO STOXX 50. Le considérant 95 raconte comment cette liste a bougé : à la suite d’une analyse quantitative complémentaire, l’ESMA a reclassé l’EURO STOXX 50 dans la classe des principaux indices, et le NASDAQ 100 y a été ajouté. Une liste nominative est donc, par nature, révisable — et tout indice qui n’y figure pas relève du taux double, 10 %.

L’écart réglementaire central est celui-ci : 3,33 % pour une paire de devises majeure, 20 % pour une action. Six fois plus. Et les seuils de clôture correspondants sont de 1,665 % et 10 %, soit un rapport identique.

Comment rendre deux séries réellement comparables

La partie mesurée de cette page repose sur deux séries de nature différente, et la moitié du travail consiste à les rendre comparables sans tricher. La première est la série des taux de change de référence de la Banque centrale européenne : une observation par jour ouvré, du 4 janvier 1999 au 12 août 2026. La seconde est une série de cours de clôture d’un fonds indiciel coté sur un grand indice américain, conservée par ce site, lue le 11 août 2026, qui déclare elle-même sa cadence : une séance sur sept, échantillonnée à partir de 8 440 clôtures quotidiennes, en dollars, sans les revenus distribués, soit 1 206 points du 29 janvier 1993 au 5 août 2026.

Trois filtres ont été appliqués, dans cet ordre, et chacun réduit l’échantillon d’une quantité qui est publiée ici.

  1. Dates communes. Sur les 1 206 dates de la série d’actions, 979 correspondent à un jour où la BCE a publié un taux. Les 227 autres sont des jours de fermeture TARGET ou antérieurs à 1999.
  2. Intervalles complets. Un intervalle n’est retenu que si ses deux extrémités sont des dates communes : il en reste 965.
  3. Durée identique. Comme la série d’actions est échantillonnée en séances et non en jours de calendrier, ces 965 intervalles n’ont pas la même longueur : 452 durent 9 jours, 286 en durent 11, 141 en durent 12, 75 en durent 10, 10 en durent 13 et un en dure 15. Seuls les 452 intervalles de neuf jours exactement sont retenus, du 5 janvier 1999 au 5 août 2026.

Sans ce troisième filtre, on comparerait des variations de douze jours d’un côté avec des variations de neuf jours de l’autre, et l’écart-type de la série la plus longue serait mécaniquement plus grand. C’est le genre d’erreur qui ne laisse aucune trace dans le résultat final.

Le résultat, sur les 452 intervalles retenus

Grandeur mesuréeSérie d’actionsEuro contre dollar
Nombre d’intervalles retenus452452
Écart-type d’une variation sur neuf jours3,094 %1,498 %
Plus forte hausse+13,50 % au 18 octobre 2002+7,85 % au 19 décembre 2008
Plus forte baisse−23,75 % au 10 octobre 2008−4,56 % au 18 mars 2020
Intervalles au-delà de 5 % en valeur absolue272
Intervalles au-delà du seuil de clôture applicable8, seuil de 10 %97, seuil de 1,665 %
Part des 452 intervalles1,77 %21,46 %

Le rapport des écart-type vaut 3,094 ÷ 1,498 = 2,06. Sur cette période et avec cet échantillonnage, la série d’actions bouge donc environ deux fois plus qu’un taux de change majeur. Les extrêmes sont plus asymétriques encore : la pire période de neuf jours de la série d’actions vaut −23,75 %, celle de l’euro contre le dollar −4,56 %.

Et pourtant, les deux dernières lignes du tableau disent l’inverse de ce que la règle laisse attendre. Sur les mêmes 452 intervalles, la série d’actions a franchi son propre seuil de clôture de 10 % à 8 reprises, soit 1,77 % des cas. L’euro contre le dollar a franchi le sien, 1,665 %, à 97 reprises, soit 21,46 % des cas. Une règle qui exige six fois plus de dépôt sur l’action aboutit à un seuil que le marché a atteint douze fois moins souvent.

Il n’y a là aucune contradiction dans le texte européen, et c’est justement le point. Le considérant 102 de la décision explique que les pourcentages ont été calibrés par une simulation cherchant « quel effet de levier entraînerait une clôture des positions ouvertes avec une probabilité de 5 % », en supposant une détention d’au moins un jour — et jusqu’à cinq jours pour les contrats sur actions, dont « les périodes de détention sont généralement plus longues ». Les seuils n’ont donc pas été calibrés sur la même durée de détention, et les comparer sur une durée unique de neuf jours, comme le fait le tableau ci-dessus, revient à mesurer autre chose que ce que la règle cherchait à égaliser. La mesure reste vraie ; c’est son interprétation qui demande cette précision.

Dernière grandeur du tableau : la corrélation entre les variations des deux séries sur ces 452 intervalles vaut 0,0704. Ce n’est pas zéro, ce n’est pas grand-chose. Les deux séries ne se déplacent ni ensemble ni en sens contraire de façon systématique ; sur cette période, elles se déplacent essentiellement séparément.

Ce que l’on peut dire des horaires, et rien de plus

La différence d’horaires est le lieu commun le plus répandu de cette comparaison, et il est possible de l’énoncer avec une source plutôt que de mémoire. La page de l’Autorité des marchés financiers consacrée aux CFD, datée du 18 octobre 2018, écrit que ces contrats « n’ont pas de date d’échéance particulière » et que « certains cotent 24 heures sur 24, 5 jours sur 7 ».

La même page ajoute la conséquence, qui est rarement mentionnée à côté de l’argument : « dans certains cas, quand une position reste ouverte alors que le marché de l’actif sous-jacent est fermé, le prix du CFD peut diverger du cours de clôture de l’actif ». Autrement dit, la continuité de la cotation n’est pas la continuité du marché sous-jacent, et le prix affiché pendant la fermeture de ce dernier est celui que l’intermédiaire fixe.

Aucun horaire de bourse n’est cité ici, parce qu’aucune page d’opérateur de marché n’a été ouverte pour cette page. C’est une lacune déclarée, pas une omission.

Ce que ces sources ne disent pas

Comment vérifier vous-même

  1. Ouvrez l’annexe I de la décision (UE) 2018/796 et lisez ses cinq points. Le CAC 40 y figure sous son nom complet, « cotation assistée en continu 40 ».
  2. Divisez 1 par 0,0333 : vous obtenez 30,03. Puis prenez la moitié de chaque pourcentage de marge : ce sont les seuils de clôture.
  3. Téléchargez l’historique complet des taux de change de référence de la BCE et une série de clôtures d’actions. Ne comparez que les dates présentes dans les deux, puis ne gardez que les intervalles de même durée en jours de calendrier.
  4. Comptez combien d’intervalles restent après chaque filtre. Si le compte n’est pas publié, la comparaison n’est pas vérifiable.
  5. Lisez le considérant 102 de la décision. Il indique la méthode de calibrage, la probabilité de 5 % visée et l’hypothèse de durée de détention, y compris son extension à cinq jours pour les contrats sur actions.

Questions fréquentes

La règle demande-t-elle plus de marge sur une action que sur une devise ?

Six fois plus. L’annexe I de la décision (UE) 2018/796 fixe la marge initiale à 3,33 % de la valeur notionnelle pour un contrat dont la paire sous-jacente est composée de deux devises parmi le dollar des États-Unis, l’euro, le yen japonais, la livre sterling, le dollar canadien et le franc suisse, et à 20 % lorsque le sous-jacent est une action ou n’est pas mentionné ailleurs dans l’annexe. Un indice d’actions figurant sur la liste nommée est à 5 %, un indice hors liste à 10 %.

Le CAC 40 figure-t-il dans le texte européen ?

Oui, nommément. L’annexe I, point b), i), énumère dix indices : le FTSE 100, la cotation assistée en continu 40, c’est-à-dire le CAC 40, le DAX 30, le Dow Jones Industrial Average, le S&P 500, le NASDAQ Composite, le NASDAQ 100, le Nikkei 225, l’ASX 200 et l’EURO STOXX 50. Le considérant 95 précise que l’EURO STOXX 50 a été reclassé dans cette catégorie après une analyse quantitative complémentaire et que le NASDAQ 100 y a également été ajouté.

Au bout de quel mouvement une position est-elle close ?

La moitié de la marge, dans les deux cas. L’article 1er, point e), de la décision définit la clôture des positions ouvertes comme intervenant lorsque la somme des fonds et des gains nets latents représente moins de la moitié de la marge initiale totale. Sur une paire de devises majeure à 3,33 %, le seuil est donc un mouvement défavorable de 1,665 % ; sur une action à 20 %, un mouvement de 10 % ; sur un indice de la liste à 5 %, un mouvement de 2,5 %.

Quelle série d’actions cette page compare-t-elle, et pourquoi celle-là ?

Une série de cours de clôture d’un fonds indiciel coté sur un grand indice américain, conservée par ce site, lue le 11 août 2026, et qui déclare elle-même sa cadence : une séance sur sept, échantillonnée à partir de 8 440 clôtures quotidiennes, en dollars, sans les revenus distribués. Elle compte 1 206 points du 29 janvier 1993 au 5 août 2026. C’est la seule série d’actions longue dont ce site dispose ; aucune série d’indice français n’était disponible, et cette limite est déclarée plutôt que contournée.

Comment les deux séries ont-elles été rendues comparables ?

En ne retenant que les intervalles présents dans les deux et de même durée. Sur les 1 206 dates de la série d’actions, 979 correspondent à un jour où la Banque centrale européenne a publié un taux de référence. Les intervalles consécutifs dont les deux extrémités remplissent cette condition sont 965, et leur écart de calendrier vaut 9 jours dans 452 cas, 11 jours dans 286 cas, 12 jours dans 141 cas et 10 jours dans 75 cas. La comparaison ne porte donc que sur les 452 intervalles de neuf jours exactement, du 5 janvier 1999 au 5 août 2026.

Qu’est-ce que la mesure donne ?

Sur ces 452 intervalles de neuf jours, l’écart-type d’une variation vaut 3,094 % pour la série d’actions et 1,498 % pour l’euro contre le dollar : un rapport de 2,06. La plus forte hausse de la série d’actions est +13,50 % sur l’intervalle s’achevant le 18 octobre 2002, la plus forte baisse −23,75 % sur celui s’achevant le 10 octobre 2008. Pour l’euro contre le dollar, +7,85 % au 19 décembre 2008 et −4,56 % au 18 mars 2020. La corrélation entre les deux séries de variations vaut 0,0704.

La règle est-elle cohérente avec cette mesure ?

Pas dans le sens que l’on attendrait, et le comptage le montre. Sur les mêmes 452 intervalles, la série d’actions a dépassé son propre seuil de clôture de 10 % à 8 reprises, soit 1,77 % des cas, tandis que l’euro contre le dollar a dépassé son seuil de 1,665 % à 97 reprises, soit 21,46 % des cas. La règle exige six fois plus de dépôt sur l’action, mais c’est le seuil de la devise qui a été franchi douze fois plus souvent. Une marge est une condition imposée à l’intermédiaire, pas une estimation de risque.

Cette page compare-t-elle la taille des deux marchés ?

Non. Le marché des changes dispose d’une mesure de référence, l’enquête triennale de la Banque des règlements internationaux, qui donne 9 510 240,33 millions de dollars par jour en avril 2025. Aucune mesure de qualité équivalente sur les volumes d’actions n’a été ouverte pour cette page, et comparer un chiffre mesuré avec un chiffre absent produirait une comparaison fausse.

Où aller ensuite

Sources ouvertes pour cette page

Les textes ont été ouverts et lus le 13 août 2026 et tous les calculs ont été refaits le même jour, sur l’intégralité des séries et non sur un échantillon choisi.

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