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La liste noire de l’AMF, lue comme une base de données : 3 396 lignes, 23 étiquettes, seize ans

Presque tout ce qui s’écrit sur ce sujet consiste à répéter qu’il faut « consulter la liste noire ». Le conseil est bon et il est incomplet, parce qu’il ne dit ni ce que la liste contient, ni comment elle a grossi, ni ce qu’elle ne peut pas prouver. Or elle est publiée en données ouvertes, dans un fichier de trois colonnes que n’importe qui peut télécharger et compter. Cette page fait ce comptage sur la totalité du fichier — pas sur un extrait — et en publie les résultats avec les ambiguïtés qu’il contient, y compris celle qui fait qu’une même catégorie se compte légitimement de deux façons.

Où cela s’applique, jusqu’à quand, et ce que cette page n’est pas

Où. Les listes sont publiées par l’Autorité des marchés financiers et concernent des acteurs proposant en France des produits ou services financiers sans y être autorisés. Elles n’ont pas d’effet hors de France et ne préjugent d’aucune situation dans un autre État. Les pouvoirs judiciaires cités sont ceux du code monétaire et financier français.

Jusqu’à quand. Le fichier utilisé ici est l’export horodaté du 13 août 2026 à 8 h 30 min 1 s. Tous les effectifs de cette page décrivent cet export et aucun autre : le fichier est régénéré, et chaque nouvelle mise en garde ajoute une ligne. Les textes juridiques ont été ouverts le même jour, avec leurs dates de version.

Ce que cette page n’est pas. Aucun acteur n’est nommé, ni comme signalé ni comme fréquentable. Aucun classement, aucun conseil, aucune méthode de récupération de fonds. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est pas entreprise d’investissement, n’est autorisée par aucune autorité de supervision et ne reçoit aucune rémunération d’un acteur du secteur. Aucun lien de cette page n’est un lien d’affiliation.

Avertissement : Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte des risques, y compris la perte possible du capital investi. Consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d'investissement. Avertissement sur les risques.

Ce que la liste est, dans les mots de celle qui la publie

La page qui héberge ces listes en donne la définition en une phrase : « La liste ci-dessous répertorie les acteurs figurant sur les listes noires, ayant fait l’objet d’une mise en garde publiée par l’Autorité des marchés financiers et/ou usurpant un acteur régulé. » Deux choses différentes sont donc réunies dans le même tableau : ceux qui proposent sans autorisation, et ceux qui empruntent le nom d’un acteur qui, lui, est autorisé. La seconde catégorie est aujourd’hui la plus nombreuse.

La même page énumère quatre signaux à repérer avant même de vérifier quoi que ce soit : « vous ne connaissez pas la personne qui vous contacte », « on vous promet des rendements très élevés et sans risque », « vous devez prendre une décision rapidement », « vous devez effectuer un virement sur un RIB à l’étranger ». Ces quatre signaux ne dépendent d’aucun registre et arrivent avant lui : ils décrivent la sollicitation, pas l’entité. C’est un point pratique, parce qu’une liste ne peut jamais contenir un acteur qui vient d’apparaître, et qu’un domaine se renouvelle en quelques minutes.

Trois colonnes, 3 396 lignes, et une catégorie qui se compte deux fois

Le fichier ouvert est d’une simplicité désarmante : trois champs, nom, categorie, date_inscription, et rien d’autre. Pas de motif, pas de pays, pas de suite donnée, pas de date de sortie. Une entrée y est définitive au sens où rien n’indique qu’elle en soit jamais retirée.

Le champ de catégorie contient parfois plusieurs étiquettes séparées par une barre verticale : 76 lignes sur 3 396 en portent plus d’une, ce qui produit 42 combinaisons distinctes pour 23 étiquettes élémentaires. C’est de là que vient l’ambiguïté annoncée plus haut, et elle mérite d’être posée noir sur blanc parce qu’elle explique des écarts entre deux comptages également honnêtes.

482 lignes ont pour catégorie exactement « Forex ». 498 lignes portent l’étiquette « Forex » quelque part dans leur catégorie : les 482 précédentes, plus 9 lignes « Forex|Usurpation » et 7 lignes « Forex|Options_binaires ». La vérification est immédiate : 482 + 9 + 7 = 498. Selon la question posée — « combien d’entrées ne parlent que de change ? » ou « combien d’entrées parlent de change ? » — la réponse change de seize unités. Tous les comptages de cette page qui touchent une étiquette utilisent la seconde définition, et le disent.

Étiquette, telle qu’écrite dans le fichierLignes qui la portentCe qu’elle désigne
Usurpation1 368L’entité se fait passer pour un acteur régulé existant.
Forex498Offre portant sur le marché des changes.
Options_binaires340Produit interdit aux clients non professionnels en France depuis le 2 juillet 2019.
Produits_dérivés_sur_crypto-actifs266Contrats dont le sous-jacent est un crypto-actif.
Crypto-actifs220Offre portant sur les crypto-actifs eux-mêmes.
Usurpation_AMF177L’entité se fait passer pour l’Autorité des marchés financiers.
Biens_divers/Vin93Placement en biens divers : vin.
Biens_divers/Diamants92Placement en biens divers : diamants.
Biens_divers/Or80Placement en biens divers : or.
Autres79Catégorie résiduelle du fichier.
Biens_divers/Cheptel73Placement en biens divers : cheptel.

Les onze étiquettes ci-dessus sont les plus fréquentes des vingt-trois ; les douze autres — whisky, champagne, conteneur, terres rares, produits alimentaires, montre, placements verts, financement participatif, plateformes de partage de revenus immobiliers, offre sur objet illicite, crypto-actif en biens divers, autre acteur non autorisé — comptent chacune moins de soixante-dix lignes. La somme de la colonne dépasse 3 396 puisque 76 lignes sont comptées deux fois ou davantage.

Le fait saillant du tableau n’est pas le change : c’est l’usurpation d’identité. Avec 1 368 lignes portant « Usurpation » et 177 portant « Usurpation_AMF », l’imitation d’un acteur régulé — ou du régulateur lui-même — représente presque la moitié du fichier. Un lecteur qui vérifie soigneusement qu’un nom figure bien dans un registre officiel n’a donc rien vérifié du tout si l’entité qui l’a contacté se contente d’emprunter ce nom. Le registre confirme que l’acteur existe, pas que la personne au bout du fil est cet acteur.

Seize ans d’inscriptions, année par année

Le fichier commence le 17 mai 2010 et s’arrête, pour cet export, au 7 août 2026. Ranger les 3 396 lignes par année d’inscription donne une histoire en trois temps que personne n’a besoin d’interpréter pour la lire.

Année d’inscriptionToutes catégoriesDont étiquette « Forex »Dont crypto-actifs et dérivésDont usurpation
20103200
201119200
201229400
2013421401
20141162002
20151873502
2016671310
20171171300
201817112752
2019206232145
20202623024157
20214216135289
2022321506230
20233286545195
202443451108253
202540457100226
20262694671133

Premier temps, 2010-2017 : le change est le sujet. Il n’existe aucune inscription crypto-actifs avant 2016 et une seule cette année-là ; l’usurpation est marginale. Le pic de la période est 2015, avec 187 inscriptions dont 35 pour le change.

Deuxième temps, 2018-2019 : deux ruptures. En 2018 apparaissent d’un coup 75 inscriptions crypto, sans presque aucun antécédent. En 2019 l’usurpation passe de 2 à 45, puis à 157 en 2020 et 289 en 2021. La ligne 2026 n’est pas comparable aux précédentes, puisqu’elle ne couvre que jusqu’au 7 août.

Troisième temps, 2020-2026 : le change ne disparaît pas, il devient minoritaire. Les inscriptions portant l’étiquette « Forex » restent comprises entre 46 et 65 par an depuis 2021, sans tendance nette ; ce qui a changé est le reste. Sur les 269 inscriptions de 2026 arrêtées au 7 août, 46 portent l’étiquette « Forex », 71 relèvent des crypto-actifs ou de leurs dérivés et 133 de l’usurpation.

Ce que contient réellement le champ « nom »

On s’attend à des raisons sociales ; on trouve surtout des adresses. Sur les 3 396 lignes, 2 495 sont écrites comme un nom de domaine, et 880 contiennent une arobase, c’est-à-dire une adresse de courrier électronique. Ce détail de forme dit ce que la liste attrape : le canal par lequel l’offre est arrivée, pas nécessairement l’entité qui est derrière.

Parmi ces 2 495 adresses, 2 485 sont distinctes : dix domaines apparaissent deux fois, probablement parce qu’ils ont été signalés à deux dates ou sous deux catégories. Dix doublons sur deux mille cinq cents, c’est un fichier propre. Mais cela signifie aussi qu’un même acteur qui change de domaine produit deux lignes sans lien entre elles, et que le nombre d’entrées ne se convertit pas en nombre d’acteurs. La base ne contient aucun identifiant qui permettrait de les rapprocher.

Une conséquence directe, qui rend la vérification par recherche de nom fragile : une orthographe, un sous-domaine ou une extension différents suffisent à ce qu’une recherche exacte ne renvoie rien. Dans l’export, plusieurs entrées commencent par www. et d’autres non, et certaines désignent une page précise plutôt qu’un site. Chercher un fragment plutôt qu’une chaîne complète est le seul usage robuste de ce fichier.

Ce que l’AMF peut obtenir d’un juge, et ce que cela a donné

Une inscription n’est pas une sanction : c’est une information publiée. Le pouvoir contraignant est ailleurs, dans l’article L. 621-13-5 du code monétaire et financier, dans sa version en vigueur depuis le 1er juillet 2026, modifiée par l’article 33 de l’ordonnance n° 2024-936 du 15 octobre 2024. Le président de l’AMF adresse d’abord une mise en demeure à l’acteur qui propose sans autorisation ; si elle reste sans effet, il peut saisir le tribunal judiciaire de Paris, en procédure accélérée au fond, pour faire ordonner aux fournisseurs d’accès d’« empêcher l’accès au contenu du service de communication au public en ligne », et pour enjoindre aux organismes gérant les noms de domaine de les « supprimer ou transférer ».

Le seul décompte public de cette activité que l’on ait trouvé est ancien et il faut le donner avec sa date. Le 3 mai 2018, l’AMF écrivait : « Depuis 2014, ses actions en justice pour obtenir le blocage en France de l’accès à des sites illégaux ont conduit à la fermeture de 138 adresses internet. » Le même communiqué comptait 445 sites non autorisés de change et d’options binaires alors inscrits sur ses listes, sept audiences tenues en 2017 et 25 ordonnances de blocage obtenues cette année-là, ayant entraîné la fermeture de 52 adresses. Aucun décompte équivalent postérieur n’a été trouvé parmi les sources ouvertes pour cette page ; ce qui est publié ici s’arrête donc à 2018, et le dit.

2016 : quand quatre institutions ont chiffré le phénomène ensemble

Le document le plus dense sur l’ampleur du sujet en France date du 31 mars 2016 et il est signé par quatre institutions à la fois : l’AMF, le Parquet de Paris, la DGCCRF et l’ACPR. Il a dix ans, ce qui est long ; il reste le seul endroit où ces quatre-là publient des ordres de grandeur communs, et chaque chiffre y est daté.

Il y a une suite chiffrée, et elle vient d’une source plus récente. La décision de l’AMF du 1er août 2019 publie en note le nombre de réclamations reçues en lien avec ces produits : 355 en 2014, 477 en 2015, 383 en 2016, 237 en 2017 et 185 en 2018, en précisant que « plus de deux tiers de ces réclamations concernent des acteurs non agréés », et que leur nombre « a diminué à la suite des modifications législatives et réglementaires intervenues en France afin d’interdire les publicités liées à de telles offres ». Deux séries voisines, deux comptages différents — 1 656 en 2015 dans le communiqué, 477 en 2015 dans la décision — parce que la première compte toutes les réclamations reçues par l’AMF et la seconde celles qui concernent ces produits. Confondre les deux produirait une chute spectaculaire qui n’a jamais eu lieu.

Ce que ces sources ne disent pas

Comment vérifier vous-même

  1. Ouvrir la fiche du jeu de données sur data.gouv.fr, dont le producteur déclaré est l’Autorité des marchés financiers, et télécharger le fichier au format CSV. Son nom contient l’horodatage de l’export.
  2. Compter les lignes : 3 396 pour l’export du 13 août 2026, en-tête exclu. Vérifier qu’il y a trois colonnes, séparées par un point-virgule.
  3. Compter les lignes dont la catégorie vaut exactement Forex : 482. Puis celles dont la catégorie contient Forex : 498. L’écart de seize doit se décomposer en 9 et 7.
  4. Regrouper par les quatre premiers caractères de la date d’inscription pour retrouver la colonne « toutes catégories » du tableau ci-dessus, et vérifier que la somme des dix-sept années fait bien 3 396.
  5. Compter les lignes contenant une arobase : 880. Compter celles qui ressemblent à un domaine : 2 495, dont 2 485 distincts.
  6. Chercher dans le fichier le nom d’un acteur qui vous a contacté — puis chercher aussi un fragment de ce nom, sans www. ni extension. Si les deux recherches ne donnent pas le même résultat, c’est la démonstration pratique du paragraphe sur la forme des entrées.

Où aller ensuite

Sources ouvertes pour cette page

Les cinq sources ci-dessous ont été ouvertes et lues le 13 août 2026, et tous les comptages ont été refaits le même jour sur l’intégralité du fichier. Vérifié le 13 août 2026.

Registre des modifications

Questions fréquentes

Combien d’entrées la liste contient-elle exactement ?

L’export de données ouvertes produit le 13 août 2026 à 8 h 30 min 1 s, publié par l’Autorité des marchés financiers sur la plateforme data.gouv.fr, contient 3 396 lignes. Chaque ligne a trois champs et trois seulement : un nom, une catégorie, une date d’inscription. La plus ancienne date du 17 mai 2010, la plus récente du 7 août 2026.

Combien d’entrées relèvent du change ?

Deux réponses, et il faut savoir laquelle on donne. Si l’on compte les lignes dont la catégorie vaut exactement « Forex », il y en a 482. Si l’on compte les lignes dont la catégorie contient l’étiquette « Forex », il y en a 498, parce que 9 lignes portent « Forex|Usurpation » et 7 portent « Forex|Options_binaires ». 482 + 9 + 7 = 498. Les deux chiffres sont exacts et ne répondent pas à la même question.

Une absence de la liste vaut-elle autorisation ?

Non, et l’AMF l’écrit elle-même : « Si la société que vous recherchez ne figure pas sur les listes noires, vous devez tout de même vérifier qu’elle dispose des autorisations nécessaires pour exercer son activité en France. » Elle ajoute que « ce tableau et ces listes sont mis à jour régulièrement mais ne peuvent être exhaustifs ». Une liste de ce type ne peut jamais démontrer qu’un acteur est autorisé : elle ne peut que signaler ceux qui ne le sont pas et qui ont déjà été repérés.

Quelle est la catégorie la plus fournie ?

L’usurpation, de loin. Sur les 3 396 lignes, 1 368 portent l’étiquette « Usurpation » et 177 l’étiquette « Usurpation_AMF », soit une entité qui se fait passer pour l’AMF elle-même. Le change vient ensuite avec 498, puis les options binaires avec 340, les produits dérivés sur crypto-actifs avec 266 et les crypto-actifs avec 220. Il existe 23 étiquettes élémentaires et 42 combinaisons distinctes, parce que 76 lignes en portent plusieurs.

À quoi ressemble une entrée ?

Le plus souvent à une adresse internet. Sur les 3 396 lignes, 2 495 sont écrites comme un nom de domaine, et 2 485 de ces domaines sont distincts : dix reviennent deux fois. 880 lignes contiennent une arobase, c’est-à-dire une adresse de courrier électronique. Le champ « nom » n’est donc pas un nom de société : c’est le point de contact par lequel l’offre a été faite.

L’AMF peut-elle faire fermer un site ?

Elle peut le demander à un juge. L’article L. 621-13-5 du code monétaire et financier, dans sa version en vigueur depuis le 1er juillet 2026, permet au président de l’AMF, après mise en demeure restée sans effet, de saisir le tribunal judiciaire de Paris en procédure accélérée au fond pour faire « empêcher l’accès au contenu du service de communication au public en ligne » et pour enjoindre aux organismes gérant les noms de domaine de les « supprimer ou transférer ». Le 3 mai 2018, l’AMF indiquait que « depuis 2014, ses actions en justice pour obtenir le blocage en France de l’accès à des sites illégaux ont conduit à la fermeture de 138 adresses internet ».

Le nombre d’inscriptions montre-t-il si le phénomène recule ?

Il ne le montre pas, et c’est important. Le nombre d’inscriptions par an mesure l’activité de l’autorité autant que celle des acteurs signalés : 3 inscriptions en 2010, 187 en 2015, 67 en 2016, 434 en 2024, 269 pour les sept premiers mois et demi de 2026. Une baisse peut signifier moins d’offres illicites, ou moins de signalements, ou une réorientation des priorités de surveillance. Aucune des sources ouvertes ici ne permet de séparer ces causes.

Cette page nomme-t-elle des acteurs ?

Aucun, ni dans un sens ni dans l’autre. Elle décrit une base publique, la compte et en montre les limites. Reproduire des noms d’un fichier qui change chaque semaine reviendrait à publier une information périmée dès le lendemain, et citer un acteur absent de la liste pourrait être lu comme une recommandation. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Cette page est écrite par une seule personne : il n’y a ni rédaction ni comité éditorial derrière Vextor Capital, et aucun relecteur n’est indiqué parce que personne n’a relu ce texte. Vextor Capital n’est pas une entreprise d’investissement, ne figure sur aucun registre de l’AMF ou de l’ACPR, ne propose aucun produit financier et ne reçoit aucune rémunération d’un intermédiaire, d’une plateforme ou d’un fournisseur de données. Aucun lien de cette page n’est un lien d’affiliation.

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