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Le pip : l’unité que personne ne définit, calculée jusqu’au centime sur quatre paires

C’est la première notion que l’on rencontre sur ce sujet, elle s’explique en une phrase, et presque toutes les explications s’arrêtent avant l’endroit intéressant. Elles disent qu’un pip est la quatrième décimale, parfois la deuxième, et donnent une valeur en dollars valable pour un lot standard. Elles ne disent ni combien cela fait dans la monnaie d’un compte en euros, ni pourquoi ce montant change tous les jours, ni comment cette unité se compare au seuil qui ferme une position. Cette page fait les divisions, toutes, avec les nombres publiés par la Banque centrale européenne le 12 août 2026 et le pourcentage écrit dans la décision de l’AMF applicable en France.

Où cela s’applique, jusqu’à quand, et ce que cette page n’est pas

Où. L’arithmétique n’a pas de juridiction : une division est la même partout. Le seul élément territorial de cette page est le pourcentage de marge, qui vient d’une décision de l’AMF applicable aux contrats vendus à des clients non professionnels en France ou depuis la France.

Jusqu’à quand. Les taux utilisés sont ceux du 12 août 2026, dernière observation de la série au moment de la lecture, le 13 août 2026. Toutes les valeurs en euros de cette page changent chaque jour ouvré, et c’est précisément l’une des choses qu’elle démontre. Les statistiques portent sur les 7 068 variation quotidienne de la série entière depuis 1999 et n’augmentent que d’une unité par jour.

Ce que cette page n’est pas. Aucun objectif de gain, aucune taille de position recommandée, aucun écart de cotation, aucun intermédiaire nommé, aucune prévision. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est autorisée par aucune autorité de supervision et ne reçoit aucune rémunération d’un acteur du secteur.

Avertissement : Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte des risques, y compris la perte possible du capital investi. Consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d'investissement. Avertissement sur les risques.

Le mot ne figure dans aucun des textes lus

Avant de calculer quoi que ce soit, il faut dire d’où vient l’unité, et la réponse est : de l’usage. Quatre textes ont été ouverts pour cette page — la décision de l’AMF du 1er août 2019, la décision (UE) 2018/796, le règlement délégué (UE) 2017/565 sur l’information relative aux coûts et le règlement délégué (UE) 2017/653 sur le document d’informations clés. Le mot n’apparaît dans aucun des quatre, pas une fois.

Ce n’est pas une lacune : ces textes n’ont pas à normaliser un vocabulaire de marché. Mais il en découle une conséquence pratique que personne n’écrit. Une convention de marché non définie peut varier : rien n’oblige deux fournisseurs à appeler « pip » la même position décimale, et rien n’oblige un fournisseur à coter avec le même nombre de décimales que la banque centrale. Un chiffre exprimé dans cette unité n’est donc comparable qu’à l’intérieur d’une même source, ce qui est exactement le contraire de ce que suggère son usage courant.

La définition de fait, et les deux familles de cotation

L’usage dominant est simple. Un pip est la variation d’une unité du dernier rang décimal conventionnel de la cotation : la quatrième décimale pour la plupart des paires, la deuxième pour celles qui contiennent le yen. La raison de cette exception est arithmétique et non historique : un euro vaut de l’ordre de 1,15 dollar mais de l’ordre de 184 yens, si bien qu’une même position décimale représente des ordres de grandeur très différents. Prendre la deuxième décimale du yen ramène le pip à un rang comparable, environ un cent-millième de la valeur cotée dans les deux cas.

Il faut deux mots de vocabulaire pour la suite, et ils sont dans la cotation elle-même. Dans « euro contre dollar », l’euro est la devise de base : c’est de lui qu’on compte les unités. Le dollar est la devise de cotation : c’est en lui que le prix est exprimé. Une variation de prix se produit donc toujours, d’abord, dans la devise de cotation — et si le compte est tenu en euros, il faut la reconvertir. C’est cette seconde étape que les explications sautent, et c’est elle qui fait que la réponse change tous les jours.

Un pip en euros : le calcul complet, en deux opérations

Prenons une valeur notionnelle de 10 000 euros, c’est-à-dire une exposition de dix mille unités de la devise de base. Si le taux bouge d’un pip, la valeur de l’exposition, exprimée dans la devise de cotation, bouge de 10 000 × la taille du pip. Puis on divise par le taux du jour pour revenir en euros. Deux multiplications, une division, et le résultat est un montant exact.

Paire, cotée par la BCETaux du 12 août 2026Taille d’un pipEffet sur 10 000 € de notionnelDivision de retourValeur en euros
Euro contre dollar1,15450,00011,00 USD1,00 ÷ 1,15450,8662 €
Euro contre livre sterling0,853580,00011,00 GBP1,00 ÷ 0,853581,1715 €
Euro contre franc suisse0,93660,00011,00 CHF1,00 ÷ 0,93661,0677 €
Euro contre yen183,670,01100,00 JPY100,00 ÷ 183,670,5445 €

Une ligne se lit ainsi, en toutes lettres, pour que la mécanique soit visible une fois. Sur l’euro contre le dollar, un pip vaut 0,0001. Dix mille euros de notionnel multipliés par 0,0001 font 1,00 dollar : c’est la variation en devise de cotation. On la ramène en euros en divisant par le taux du jour, 1,1545, ce qui donne 0,866176 €, arrondi à 0,8662 €. Sur l’euro contre le yen, le pip vaut 0,01 ; dix mille euros multipliés par 0,01 font 100,00 yens ; divisés par 183,67, ils font 0,544455 €, arrondi à 0,5445 €.

Un résultat mérite d’être souligné parce qu’il contredit une croyance répandue : sur les trois paires cotées à quatre décimales, l’effet en devise de cotation est toujours exactement 1,00 unité pour 10 000 euros de notionnel, quel que soit le taux. Ce n’est qu’au moment de repasser en euros que les montants divergent, de 0,8662 € à 1,1715 € — un écart de 35 % entre la paire la moins chère et la plus chère en pip, le même jour, à exposition identique.

Pourquoi la valeur d’un pip change tous les jours

La division de retour se fait au taux du moment, donc la valeur en euros suit le taux. Sur l’euro contre le dollar, la variation de la monnaie du compte se mesure exactement sur la série publique : le taux le plus bas jamais publié est 0,8252, le 26 octobre 2000, et le plus haut 1,5990, le 15 juillet 2008.

Un pip valant toujours 1,00 dollar pour 10 000 euros de notionnel, sa valeur en euros a donc oscillé entre 1,00 ÷ 1,5990 = 0,6254 € et 1,00 ÷ 0,8252 = 1,2118 €. Le rapport entre les deux est de 1,94. Autrement dit, sur la même paire, avec la même exposition, le même mouvement d’un pip a valu presque deux fois plus certains jours que d’autres — et rien de cela ne dépend de l’intermédiaire, du contrat ou de la stratégie. Cela dépend uniquement de l’endroit où se trouvait le taux ce jour-là.

C’est la raison pour laquelle un objectif exprimé en pips n’est pas une grandeur stable, et pourquoi les textes réglementaires, eux, raisonnent en pourcentage de la valeur notionnelle : un pourcentage ne dépend pas du niveau du taux, un nombre de pips si.

Combien de pips bouge une journée, et combien en faut-il

Le tableau ci-dessous met côte à côte deux choses qui sont rarement dans la même colonne : ce que les journées ont fait, mesuré sur les 7 068 variations quotidiennes de la série depuis 1999, et ce que la règle demande, convertie en pips au taux du 12 août 2026. Les deux dernières colonnes ne sont pas des mesures : ce sont 3,33 % et 1,665 % du taux du jour, exprimés dans l’unité des quatre premières.

PaireVariation moyenne en valeur absolueVariation médianePlus forte journéeMarge initiale de 3,33 %Seuil de clôture, 1,665 %
Euro contre dollar50,1636,0676,0384,45192,22
Euro contre yen65,2048,0715,0611,62305,81
Euro contre livre sterling27,1220,0415,5284,24142,12
Euro contre franc suisse28,1418,01 730,0311,89155,94

Trois observations sortent de ce tableau, et aucune ne s’obtient sans faire les conversions. D’abord, la moyenne est partout plus grande que la médiane, de 39 % sur l’euro-dollar et de 56 % sur l’euro-franc suisse : la distribution des journées n’est pas symétrique, quelques journées énormes tirent la moyenne. Ensuite, le seuil de clôture exprimé en pips n’est pas le même d’une paire à l’autre — 142,12 sur l’euro-livre contre 305,81 sur l’euro-yen — alors que le pourcentage, lui, est identique. Un raisonnement mené en pips sur deux paires différentes compare donc des choses différentes.

Enfin, la colonne des plus fortes journées contient un nombre qui n’est pas du même ordre que les autres : 1 730,0 pips sur l’euro contre le franc suisse. C’est le 15 janvier 2015, et cette journée vaut environ onze fois le seuil de clôture calculé ci-dessus. Ce que devient une règle de fermeture quand le prix ne passe pas par le niveau où elle devait se déclencher est traité, en pourcentage et avec ses conséquences, dans la page sur la gestion du risque.

Le piège de la décimale supplémentaire

Un détail de la série publique fait tomber la définition « le pip est la quatrième décimale » exactement là où on ne l’attend pas. Le 12 août 2026, la BCE publie l’euro contre le dollar à 1,1545 — quatre décimales — et l’euro contre la livre à 0,85358 — cinq décimales. Sur la première paire, le dernier chiffre publié est un pip entier ; sur la seconde, c’est un dixième de pip.

La trace de ce détail se voit dans les mesures elles-mêmes. Dans le tableau précédent, la plus forte journée de l’euro contre la livre vaut 415,5 pips, avec une moitié de pip : ce demi-pip n’existe que parce que la source publie un chiffre de plus. Sur les trois autres paires, tous les extrêmes tombent sur des nombres entiers de pips. Rien ne cloche dans les données : c’est la définition par position décimale qui n’est pas universelle, et une page qui l’énonce sans exception se trompe sur au moins une des paires les plus citées.

Le même phénomène, vu de l’autre côté, explique pourquoi un cours reconstitué à partir de deux cotations traîne une imprécision propre : les décimales publiées ne sont pas alignées d’une monnaie à l’autre. La démonstration chiffrée est faite dans la page sur les paires de devises, qui compte aussi combien de monnaies la série contient et lesquelles ont disparu.

Ce que ces sources ne disent pas

Comment vérifier vous-même

  1. Ouvrir la page des taux de change de référence de la BCE et relever la ligne du 12 août 2026 : 1,1545 pour le dollar, 0,85358 pour la livre, 0,9366 pour le franc suisse, 183,67 pour le yen.
  2. Multiplier 10 000 par 0,0001 : 1,00. Diviser 1,00 par 1,1545 : 0,866176. Refaire avec 0,85358 et 0,9366.
  3. Multiplier 10 000 par 0,01 : 100,00. Diviser 100,00 par 183,67 : 0,544455. C’est la ligne du yen.
  4. Multiplier 1,1545 par 0,0333 : 0,03844485, soit 384,45 pips. Multiplier par 0,01665 : 192,22 pips. Refaire pour les trois autres paires.
  5. Télécharger la série complète et chercher le minimum et le maximum de l’euro contre le dollar : 0,8252 et 1,5990. Diviser 1,00 par chacun : 1,2118 et 0,6254. Leur rapport est 1,94.
  6. Compter les décimales publiées pour chaque monnaie d’un même jour. Si elles ne sont pas toutes identiques, la définition du pip par position décimale demande une exception, et il faut savoir laquelle.

Où aller ensuite

Sources ouvertes pour cette page

Les trois sources ci-dessous ont été ouvertes et lues le 13 août 2026, et tous les calculs ont été refaits le même jour sur l’intégralité de la série. Vérifié le 13 août 2026.

Registre des modifications

Questions fréquentes

Le mot est-il défini par un texte officiel ?

Dans aucun des quatre textes ouverts pour cette page. La décision de l’AMF du 1er août 2019, la décision (UE) 2018/796, le règlement délégué (UE) 2017/565 et le règlement délégué (UE) 2017/653 ne l’emploient pas une seule fois. C’est une convention de marché, très largement partagée mais sans définition réglementaire, et cela a une conséquence concrète : elle peut différer d’un fournisseur à l’autre sans qu’aucune règle ne soit enfreinte.

Combien vaut un pip en euros ?

Cela dépend de la paire, de la taille et du jour. Pour une valeur notionnelle de 10 000 euros, aux taux de référence de la Banque centrale européenne du 12 août 2026 : 0,8662 € sur l’euro contre le dollar, 1,1715 € sur l’euro contre la livre, 1,0677 € sur l’euro contre le franc suisse et 0,5445 € sur l’euro contre le yen. Le calcul tient en deux opérations et il est détaillé sur la page.

Pourquoi la valeur d’un pip n’est-elle pas fixe ?

Parce qu’elle se calcule dans la devise de cotation, puis se reconvertit dans la monnaie du compte au taux du jour. Sur l’euro contre le dollar, un pip vaut toujours exactement 1,00 dollar pour 10 000 euros de notionnel, mais ce dollar a valu entre 0,6254 € et 1,2118 € selon les jours de la série : un rapport de 1,94 entre le plus haut et le plus bas, atteints le 15 juillet 2008 et le 26 octobre 2000.

De combien de pips bouge une journée ?

Sur les 7 068 variations quotidiennes de la série de la BCE, du 4 janvier 1999 au 12 août 2026, la variation médiane en valeur absolue est de 36,0 pips sur l’euro-dollar, 48,0 sur l’euro-yen, 20,0 sur l’euro-livre et 18,0 sur l’euro-franc suisse. Les moyennes sont plus élevées que les médianes — 50,16 ; 65,20 ; 27,12 et 28,14 — parce que quelques journées très grandes tirent la moyenne vers le haut.

Combien de pips faut-il pour déclencher une clôture ?

Le seuil de clôture des positions ouvertes vaut la moitié de la marge initiale, soit 1,665 % de la valeur notionnelle sur les paires nommées par la règle. Converti au taux du 12 août 2026, cela fait 192,22 pips sur l’euro-dollar, 305,81 sur l’euro-yen, 142,12 sur l’euro-livre et 155,94 sur l’euro-franc suisse. Le nombre de pips n’est donc pas le même d’une paire à l’autre, alors que le pourcentage l’est.

Toutes les paires se cotent-elles avec quatre décimales ?

Non, et la source la plus officielle qui soit ne le fait pas. Le 12 août 2026, la BCE publie l’euro contre le dollar avec quatre décimales (1,1545), l’euro contre la livre avec cinq (0,85358) et l’euro contre le yen avec deux (183,67). Ce qu’elle garde constant est plutôt le nombre de chiffres significatifs. Une définition du pip par une position décimale ne peut donc pas être universelle.

Le pip est-il un coût ?

Non, c’est une unité. Il sert à mesurer une variation de prix, et il se trouve que certains coûts s’expriment dans cette unité, ce qui les fait passer pour des grandeurs de même nature. Les catégories de coûts qui existent réellement, et les documents où elles doivent figurer, sont traitées dans la page consacrée aux coûts.

Cette page donne-t-elle un objectif en pips ?

Aucun. Elle fait des divisions à partir d’une série publique et d’un pourcentage réglementaire, et publie toutes les étapes pour qu’elles soient refaites. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est autorisée par aucune autorité de supervision, ne détient aucune position de change et ne publie aucune prévision de taux.

Cette page est écrite par une seule personne : il n’y a ni rédaction ni comité éditorial derrière Vextor Capital, et aucun relecteur n’est indiqué parce que personne n’a relu ce texte. Vextor Capital n’est pas une entreprise d’investissement, ne figure sur aucun registre de l’AMF ou de l’ACPR, ne détient aucune position de change et ne reçoit aucune rémunération d’un intermédiaire, d’une plateforme ou d’un fournisseur de données cité. Aucun lien de cette page n’est un lien d’affiliation.

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