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Analyse technique du forex : ce qu’une série publique mesure, et ce qu’elle interdit

L’analyse technique repose sur une hypothèse unique et parfaitement testable : le passé récent d’un prix contient de l’information sur son avenir immédiat. Cette hypothèse ne demande ni débat ni opinion, elle demande un calcul. Le calcul le plus simple qui la teste tient en deux mesures — l’autocorrélation d’ordre un et la persistance du sens d’un jour au suivant — et il se mène sur une série gratuite, publique et longue de vingt-sept ans. Cette page le mène sur la totalité de cette série, puis énumère avec la même précision ce que la série ne permet pas de faire, ce qui est au moins aussi utile.

Où cela s’applique, jusqu’à quand, et ce que cette page n’est pas

Où. Un calcul n’a pas de juridiction. Un écart-type, une autocorrélation et un dénombrement donnent le même résultat à Paris, à Londres et à Tokyo. En revanche, les constats de surveillance cités en fin de page proviennent d’une décision de l’Autorité européenne des marchés financiers de 2018 et concernent des clients de détail de l’Espace économique européen ; ils décrivent une population précise à une période précise, pas une loi générale.

Jusqu’à quand. La série a été téléchargée et recalculée le 13 août 2026 ; sa dernière observation est datée du 12 août 2026. Une observation de 1999 ne changera jamais, mais chaque jour ouvré en ajoute une, et tous les effectifs cités ici — 7 069 observations, 7 068 variations, 28 272 variations sur quatre paires — augmentent d’une unité par paire à chaque publication.

Ce que cette page n’est pas. Aucun taux de réussite de figure, d’ indicateur, de robot ou de service de signaux n’y figure, aucune méthode n’est recommandée, aucune prévision n’est formulée. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal et ne reçoit aucune rémunération d’un éditeur de logiciel, d’un courtier ou d’un fournisseur de données.

Avertissement : Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte des risques, y compris la perte possible du capital investi. Consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d'investissement. Avertissement sur les risques.

La série, et pourquoi c’est elle qu’on prend

Le taux de change de référence de l’euro publié par la Banque centrale européenne est la plus longue série cohérente et librement accessible sur un ensemble de paires majeures : 7 069 observations quotidiennes contre le dollar, le yen, la livre sterling et le franc suisse, du 4 janvier 1999 au 12 août 2026, soit 7 068 variations par paire et 28 272 au total. Elle est utilisée ici pour tout, et toujours en entier : jamais un échantillon, jamais une fenêtre choisie.

La BCE décrit elle-même ce qu’elle publie, et la description est la première limite de cette page. Les taux sont mis à jour « usually at around 16:00 CET every working day, except on TARGET closing days », ils reposent sur une procédure de concertation quotidienne entre banques centrales européennes « which normally takes place around 14:10 CET », ils sont « published for information purposes only » et leur usage transactionnel est « strongly discouraged ». Ce sont quatre chiffres après la virgule pour la plupart des devises, deux pour le yen.

Il en résulte trois interdits, et il vaut mieux les poser avant de tracer quoi que ce soit. Un : il n’existe ni ouverture, ni plus haut, ni plus bas, donc aucune figure en chandeliers ne peut être construite. Deux : il n’existe aucune donnée infra-journalière, donc aucune méthode dont l’unité de temps est la minute ou l’heure ne peut être examinée ici. Trois : les jours de fermeture TARGET créent de vrais trous, et deux observations consécutives peuvent être séparées de plusieurs jours de calendrier.

Les deux mesures qui testent l’hypothèse

La première mesure est l’autocorrélation d’ordre un des variation quotidienne exprimées en pourcentage : elle vaut +1 si chaque variation reproduisait exactement la précédente, −1 si elle l’inversait exactement, 0 si elle n’en contenait aucune trace. La seconde est plus intuitive encore : sur les couples de journées consécutives où les deux variations sont non nulles, quelle proportion a le même signe ? Les journées à variation nulle sont écartées parce qu’un signe nul n’est ni une hausse ni une baisse, et parce que le franc suisse en compte beaucoup plus que les autres, période de taux plancher oblige.

Paire, euro en baseAutocorrélation d’ordre unCouples de même signeProportionÉcart-type d’une variation quotidienne
Euro contre dollar des États-Unis−0,00663 435 / 6 95949,36 %0,5819 %
Euro contre yen japonais−0,01513 501 / 6 95550,34 %0,7054 %
Euro contre livre sterling+0,01753 439 / 6 95549,45 %0,4794 %
Euro contre franc suisse+0,04133 388 / 6 78149,96 %0,3923 %

Quatre autocorrélations comprises entre −0,0151 et +0,0413, et quatre proportions comprises entre 49,36 % et 50,34 %. La quantité d’information que la veille contient sur le lendemain, dans cette série et à cette fréquence, se situe donc à une fraction de point de l’équiprobabilité. Deux des quatre autocorrélations sont négatives et deux positives, ce qui interdit même de dire que ces séries « ont tendance à continuer » : la moitié d’entre elles a plutôt tendance à faire l’inverse, dans une proportion tout aussi négligeable.

Ce résultat ne réfute pas l’analyse technique et cette page ne prétend pas qu’il le fasse. Il établit une chose plus modeste et plus dure : la forme la plus simple de mémoire d’une série, celle sur laquelle reposent implicitement l’idée de tendance quotidienne et celle de retournement quotidien, est absente de ces quatre séries prises en entier. Une méthode qui affirme le contraire doit publier sur quelles données elle l’a mesuré.

Les extrêmes, et pourquoi l’écart-type ment sur eux

Un écart-type résume la taille d’une journée ordinaire. Il ne dit rien des journées extraordinaires, et sur ces séries il induit activement en erreur si on le lit comme la largeur d’une courbe en cloche. Le tableau ci-dessous donne, pour chaque paire, les deux plus grandes variations quotidiennes signées, puis les comptages de journées ayant dépassé trois seuils qui reviennent dans la réglementation des contrats à effet de levier : 2,5 %, 5 % et 10 % en valeur absolue.

PairePlus forte haussePlus forte baisseJours au-delà de 2,5 %Au-delà de 5 %Au-delà de 10 %
Euro contre dollar+4,2938 % le 22 septembre 2000−4,6251 % le 19 décembre 20081400
Euro contre yen+5,5445 % le 22 septembre 2000−5,9395 % le 24 juin 20165330
Euro contre livre sterling+5,4246 % le 24 juin 2016−2,9250 % le 11 octobre 20191210
Euro contre franc suisse+8,3251 % le 6 septembre 2011−14,4047 % le 15 janvier 2015821

La ligne du franc suisse est celle qu’il faut lire deux fois. C’est la paire dont l’écart-type est le plus faible des quatre, 0,3923 %, soit 1,8 fois moins que le yen ; c’est aussi la seule à avoir dépassé 10 % en une journée, et elle l’a fait avec 14,4047 %. Rapporté à son propre écart-type, cet événement représente plus de 36 écarts-types. Aucune loi normale n’en produit un seul en 7 068 tirages. Le calme mesuré d’une série ne dit rien de sa capacité à faire un saut, et c’est exactement l’inverse de ce que suggère un indicateur de volatilité affiché sur un graphique.

Deux dates reviennent dans plusieurs colonnes, et elles méritent d’être nommées parce qu’elles sont vérifiables à la ligne près. Le 22 septembre 2000 produit simultanément la plus forte hausse de l’euro contre le dollar et contre le yen. Le 24 juin 2016 produit simultanément la plus forte baisse contre le yen et la plus forte hausse contre la livre sterling. Aucune figure graphique tracée la veille ne pouvait contenir ces journées : elles ne prolongent pas une série, elles la coupent.

Ce qu’il faudrait publier pour qu’un taux de réussite soit vérifiable

Cette page ne publie aucun taux de réussite parce qu’aucune source ouverte pour l’écrire n’en publie un qui soit contrôlable. Plutôt que de s’en tenir là, voici la liste exacte de ce qu’une telle affirmation devrait porter avec elle. Elle sert de grille de lecture pour n’importe quelle page, n’importe quelle vidéo et n’importe quel service payant.

  1. Le jeu de données. Quelle série, publiée par qui, à quelle fréquence, sur quelles paires. Une série propriétaire non consultable rend la vérification impossible par construction.
  2. La période. Du jour au jour, sans coupure choisie après coup. Une méthode testée sur 2012-2019 et une méthode testée sur 1999-2026 ne sont pas comparables.
  3. La règle d’entrée. Formulée de manière qu’un tiers, avec la même série, obtienne exactement les mêmes dates d’entrée. « Quand la figure se confirme » n’est pas une règle.
  4. La règle de sortie. Y compris ce qui se passe quand aucun objectif n’est atteint. Une méthode sans règle de sortie n’a pas de résultat, elle a une collection d’ouvertures.
  5. L’hypothèse de coûts. Écart de cotation, commission, financement d’une position au jour le jour. Un résultat brut de coûts n’est pas un résultat.

Un chiffre qui manque un seul de ces cinq éléments ne peut pas être contredit, ce qui veut dire qu’il ne peut pas non plus être confirmé. C’est la raison pour laquelle il n’en figure aucun ici, et non une préférence de style.

Ce que les autorités ont mesuré, elles, sur les opérateurs

Il existe en revanche des mesures publiées sur le comportement des client de détail, et elles se trouvent dans un document daté et consultable : la décision (UE) 2018/796 de l’Autorité européenne des marchés financiers du 22 mai 2018, publiée au Journal officiel de l’Union européenne du 1er juin 2018. Son considérant 35 rassemble les études de plusieurs autorités nationales.

Trois constats y sont directement liés à la fréquence des opérations, donc au sujet de cette page. Le premier vient de l’Autorité des marchés financiers française : les investisseurs de détail « qui négocient le plus (par nombre de transactions, taille moyenne de la transaction ou montant cumulé) perdent le plus », et il en va de même pour ceux qui persistent dans la durée, « ce qui révèle l’absence de courbe d’apprentissage ». Le deuxième vient de l’autorité norvégienne : sur un échantillon de clients dont la durée moyenne de négociation est d’un an et demi, 82 % ont perdu de l’argent, la perte moyenne s’élevait à 29 000 euros, et les frais de transaction moyens rapportés aux avoirs du client atteignaient 37 %, « en raison du fort effet de levier et de la fréquence des transactions ». Le troisième figure au considérant 37 : la constance du pourcentage de perdants d’une année sur l’autre, malgré des rendements très variables sur les marchés d’actions et de matières premières, indique selon l’ESMA « une caractéristique structurelle du profil de rendement ».

Aucune de ces phrases ne parle d’analyse technique. Elles parlent de fréquence, de durée et de coûts, qui sont les trois grandeurs qu’une méthode graphique fait varier. C’est la raison pour laquelle elles figurent ici plutôt que sur une autre page.

Ce que ces sources ne disent pas

Comment vérifier vous-même

  1. Téléchargez l’historique complet des taux de change de référence de la BCE et comptez les lignes datées : 7 069 jusqu’au 12 août 2026. Une ligne de plus par jour ouvré ensuite.
  2. Calculez les variations en pourcentage d’un jour au suivant, puis la corrélation entre la série obtenue et la même série décalée d’un rang. Vous devez retrouver les quatre valeurs du tableau à la quatrième décimale.
  3. Comptez les couples de journées consécutives dont les deux variations sont non nulles, puis ceux dont les signes coïncident. Le rapport doit se situer entre 49 % et 51 %.
  4. Cherchez les valeurs des 14 et 15 janvier 2015 pour le franc suisse : 1,2010 et 1,0280. La variation est de −14,4047 %. Divisez-la par l’écart-type de la paire, 0,3923 %.
  5. Ouvrez la décision (UE) 2018/796 et cherchez « courbe d’apprentissage ». La phrase de l’AMF française est immédiatement avant.

Questions fréquentes

Existe-t-il un taux de réussite publié pour une figure chartiste ?

Aucune des sources ouvertes pour cette page n’en publie. Une telle mesure exigerait cinq éléments simultanés : le jeu de données utilisé, la période couverte, la règle d’entrée, la règle de sortie et l’hypothèse de coûts. Un chiffre auquel il manque un seul des cinq n’est vérifiable par personne, et cette page n’en publie donc aucun. Ce qui est publié à la place est un test que n’importe qui peut refaire en quelques lignes sur une série gratuite et publique.

Le sens d’une journée annonce-t-il le sens de la suivante ?

Sur la totalité de la série des taux de change de référence de la Banque centrale européenne, du 4 janvier 1999 au 12 août 2026, la réponse est non. En ne retenant que les couples de journées consécutives où les deux variations sont non nulles, le signe de la seconde a été identique à celui de la première dans 49,36 % des cas pour l’euro contre le dollar, 50,34 % contre le yen, 49,45 % contre la livre sterling et 49,96 % contre le franc suisse. Les effectifs sont respectivement 6 959, 6 955, 6 955 et 6 781 couples.

Que vaut l’autocorrélation d’ordre un de ces séries ?

Calculée sur les 7 068 variations quotidiennes de chaque paire, elle vaut −0,0066 pour l’euro contre le dollar, −0,0151 contre le yen, +0,0175 contre la livre sterling et +0,0413 contre le franc suisse. Une autocorrélation de zéro signifierait qu’une variation ne contient aucune information sur la suivante. Ces quatre valeurs sont très proches de zéro, l’une d’elles est négative de façon aussi nette que la plus grande est positive, et rien dans ces nombres ne ressemble à la répétabilité qu’une méthode graphique suppose.

Peut-on tracer un chandelier japonais avec cette série ?

Non, et c’est une limite qu’il faut énoncer avant tout graphique. La Banque centrale européenne publie une valeur par jour ouvré, issue d’une procédure de concertation entre banques centrales européennes qui a normalement lieu vers 14 h 10 CET. Il n’y a donc ni ouverture, ni plus haut, ni plus bas, ni clôture : il y a une observation. Toute figure fondée sur des mèches, des corps ou des extrêmes de séance exige une autre source de données, que cette page n’a pas ouverte.

Quelle est la plus forte variation quotidienne jamais observée dans cette série ?

Une baisse de 14,4047 % de l’euro contre le franc suisse entre les publications du 14 et du 15 janvier 2015, de 1,2010 à 1,0280. C’est la plus grande des 28 272 variations quotidiennes calculées sur les quatre paires. La deuxième est une hausse de 8,3251 % sur la même paire, le 6 septembre 2011. Les plus grandes des trois autres paires sont −4,6251 % pour le dollar le 19 décembre 2008, −5,9395 % pour le yen le 24 juin 2016 et +5,4246 % pour la livre sterling ce même 24 juin 2016.

Les variations quotidiennes suivent-elles une loi normale ?

Non, et la démonstration se fait par comptage plutôt que par test. L’écart-type d’une variation quotidienne vaut 0,5819 % pour l’euro contre le dollar, 0,7054 % contre le yen, 0,4794 % contre la livre et 0,3923 % contre le franc suisse. Une variation de 14,4047 % représente donc plus de 36 écarts-types de la paire concernée. Sous une loi normale, un tel événement n’aurait aucune chance d’apparaître dans une série de 7 068 jours ; il y apparaît une fois, et il n’est pas isolé, puisque la même paire a dépassé 5 % deux fois.

Que disent les autorités de surveillance sur la fréquence des opérations ?

La décision (UE) 2018/796 de l’Autorité européenne des marchés financiers rapporte, à son considérant 35, que l’Autorité des marchés financiers française « a également constaté que les investisseurs de détail qui négocient le plus (par nombre de transactions, taille moyenne de la transaction ou montant cumulé) perdent le plus » et qu’il en va de même pour ceux qui se maintiennent dans la durée, « ce qui révèle l’absence de courbe d’apprentissage ». Le même considérant rapporte, pour l’autorité norvégienne, des frais de transaction moyens représentant 37 % des avoirs du client, expliqués par le fort effet de levier et la fréquence des transactions.

Cette page conseille-t-elle une méthode ?

Aucune. Elle ne recommande ni n’écarte l’analyse technique : elle publie ce qu’une série publique permet de mesurer et nomme précisément ce qu’elle ne permet pas. Vextor Capital ne vend aucun instrument financier, n’est pas intermédiaire, n’est ni conseiller financier ni conseiller fiscal, ne détient aucune position de change et n’est autorisée par aucune autorité de supervision.

Où aller ensuite

Sources ouvertes pour cette page

Toutes les sources ci-dessous ont été ouvertes et lues le 13 août 2026, et tous les calculs ont été refaits le même jour sur la totalité de la série.

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